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Procès FIFAJérôme Valcke et Nasser Al-Khelaifi s’expliquent

Au cours de leur interrogatoire ce mercredi au Tribunal pénal fédéral, l’ex-secrétaire général de la FIFA et le président du Paris-St-Germain se sont exprimés sur l’attribution des droits TV pour plusieurs coupes du monde et sur l’achat de la Villa Bianca.

Nasser Ghanim Al-Khelaifi devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone lundi 14 septembre.
Nasser Ghanim Al-Khelaifi devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone lundi 14 septembre.
KEYSTONE

Au troisième jour du procès FIFA, le Tribunal pénal fédéral a entendu l’ancien secrétaire général Jérôme Valcke et le président du Paris-St-Germain Nasser Al-Khelaifi. Les deux prévenus se sont exprimés sur l’attribution des droits TV pour plusieurs coupes du monde.

Egalement CEO du groupe Bein Media, Nasser Al-Khelaifi a estimé que la FIFA n’aurait pas pu conclure de contrat d’attribution des droits plus avantageux que celui signé pour 2014. En effet, aucune chaîne ne pouvait rivaliser avec son groupe dans la région.

Il a expliqué que son vol le 1er septembre 2013 en compagnie de Jérôme Valcke devait faciliter une rencontre entre ce dernier et l’émir du Qatar. Il n’a pas été question alors de l’attribution de droits à Bein Media ni de l’achat de la Villa Bianca convoitée par le numéro 2 de la FIFA.

Qui a acheté la villa?

Le Qatari s’est rappelé que Jérôme Valcke avait parlé plus tard de ce «projet sublime». Le Français aurait demandé s’il était intéressé par un tel investissement. Ou si l’une de ses connaissances était susceptible de l’être.

Jérôme Valcke répond de gestion déloyale aggravée, faux dans les titres et corruption passive devant le Tribunal pénal fédéral.
Jérôme Valcke répond de gestion déloyale aggravée, faux dans les titres et corruption passive devant le Tribunal pénal fédéral.
KEYSTONE

Le président de la Cour des affaires pénales Stephen Zenger a produit l’acte de création, début décembre 2013, de la société immobilière qui a acquis la villa, société propriété de Nasser Al-Khelaifi mais cédée deux jours après la transaction immobilière à un certain Abdelkader, qualifié de «frère et ami» par le patron du PSG. Le procédé aurait permis d’accélérer les choses.

Confronté à un courriel de Jérôme Valcke à la représentante de la société propriétaire de la villa qui le désignait comme l’acheteur, le Qatari a refusé de s’exprimer et a contesté toute volonté de procéder à cette acquisition, contredisant ainsi les déclarations du Français au MPC.

«Pacte corruptif»

Durant la matinée, Jérôme Valcke s’est expliqué sur des versements totalisant 1,25 million d’euros reçus entre novembre 2013 et juillet 2014. Le Ministère public de la Confédération (MPC) estime que ces montants payés par le troisième accusé, un intermédiaire grec, pour la conclusion des droits TV sur l’Italie et la Grèce résultent en réalité d’un «pacte corruptif» entre les deux hommes.

L’ex-numéro 2 de la FIFA a expliqué que le premier versement de 500’000 euros en novembre suivant à sa société Sportunited était justifié par son soutien apporté à la conclusion de cet accord. «Mes prestations n’étaient pas facturées à l’heure et je ne sais pas si elles valaient 500'000 euros, mais un nombre volumineux d'échanges établissent ce soutien.»

Sommé par le président, de se prononcer sur la véritable nature du versement, Jérôme Valcke a répondu «clairement un prêt». Celui-ci aurait dû être compensé en partie par la commercialisation des droits, mais la dégradation de la situation en Grèce ne l’a pas permis.

10 millions de dettes

Le Français a évoqué un besoin de liquidités: à l’époque sa dette s’élevait à 10 millions d’euros. Dans un message à son contact grec dans le cadre d’une extension des droits pour les coupes 2026 et 2030, Jérôme Valcke écrit en juillet 2014: «Je dois trouver 1 million d’euros.» Le bras droit de Sepp Blatter devait alors payer des travaux d’entretien sur son yacht.

Jérôme Valcke répond de gestion déloyale aggravée, faux dans les titres et corruption passive, alors que Nasser Al-Khelaifi est accusé d’instigation à gestion déloyale aggravée. Le troisième prévenu, un homme d’affaires grec, ne s’est pas présenté. Il sera jugé par défaut.

Ce deuxième procès s’inscrit dans la nébuleuse de scandales au sein de la FIFA. Il porte sur l’attribution des droits TV de plusieurs coupes du monde et autres compétitions aux groupes médias représentés par Nasser Al-Khelaifi et l’homme d’affaires absent.

Les débats reprendront ce jeudi avec l’audition de Markus Kattner, ancien secrétaire général adjoint de la FIFA, et de Niclas Ericson, chef de la division TV. Tous deux seront entendus comme témoins.

ATS/NXP