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ÉditorialJoies et peines du télétravail

Regardez bien le dessin de notre Point Fort du jour. Il y a encore un an, cette illustration ne vous aurait pas semblé familière. Et puis un virus dont on ignorait tout a débarqué. On ne vous refait pas l’histoire. Croquée par Manuel Perrin, cette allégorie du télétravail dit la liberté qu’il offre pourquoi s’embêter à porter un pantalon que personne ne verra en «visio»? et affiche la nature exhibitionniste de nos chats. Elle évoque aussi un certain isolement, la coche supplémentaire griffonnée au mur chaque matin.

«Ceux-ci ont embrassé leur nouvelle carrière à domicile et il est peu probable qu’on les revoie un jour, si tant est que ce choix soit de leur ressort…»

Le mois de décembre étant propice aux bilans, tirons celui du télétravail, dix mois après qu’il a été adopté quasi partout. Nombreux sont ses adeptes, ravis de ne plus devoir s’entasser dans les transports publics ou subir les bavardages de l’open space. Ceux-ci ont embrassé leur nouvelle carrière à domicile et il est peu probable qu’on les revoie un jour, si tant est que ce choix soit de leur ressort…

Mais le télétravail ne fait de loin pas que des heureux. À l’image de ces employés dont la motivation a fléchi en même temps que les contacts sociaux se sont réduits à l’interface d’un écran. Ces personnes dont la créativité se nourrit aussi du café pris de bon matin avec les collègues et des débats d’une séance en présence.

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Et puis il y a ceux qui se sont pliés au home office, pour respecter les recommandations cantonales et fédérales ou protéger des proches, mais qui ont le sentiment désagréable que leur hiérarchie estime leur faire un sacré cadeau en les laissant télétravailler. Un sous-entendu grâce auquel de nombreux patrons se permettent de ne pas dédommager les salariés qui utilisent leur propre matériel. Ou de ne pas les rembourser lorsqu’ils rachètent une multiprise pour remplacer celle, défaillante, de l’entreprise.

Ça n’est pas grand-chose, une multiprise, vous me direz. Sachant que, les études récentes le montrent, le home office a fait bondir la productivité des salariés, ce serait justement l’occasion pour l’employeur de témoigner sa confiance à son employé. Et de le remercier pour le travail effectué depuis le printemps dans des conditions plus que compliquées.