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ÉditorialJoli coup pour une vieille lune

Défait dans les urnes en 2001 avec son idée de taux d’imposition communal unique, le Parti ouvrier populaire avait annoncé qu’il reviendrait tôt ou tard à la charge. Il aura donc fallu vingt ans pour qu’il ressorte du formol cette vieille lune. Le POP ne fait même pas mine de moderniser son concept: il est défendu par la même tête pensante - l’ex-député Jean-Paul Dudt. L’argumentaire original de 1999 est d’ailleurs envoyé à la presse, avec celui actualisé et très synthétique. Les deux sont, sans surprise, très similaires.

Différence de taille sur la forme: il ne s’agit plus d’une initiative populaire, mais parlementaire. Elle fera l’objet, dans un premier temps en tout cas, d’un vote au Grand Conseil. Connaissant la tiédeur des partis gouvernementaux à défendre les idées les plus audacieuses de la gauche radicale, on doute sérieusement que celle-ci passe la rampe. Se posera alors la question de porter le débat dans la rue, récolter des signatures et peut-être faire voter à nouveau les Vaudois.

«Au rayon de la justice fiscale, force est de constater que les problèmes de 1999 sont toujours d’actualité»

En 2001, deux-tiers d’entre eux avaient refusé le taux unique. Qu’en serait-il aujourd’hui? Le contexte a changé, avancent les popistes. La péréquation horizontale était porteuse d’espoir et devait aplanir les disparités entre les Communes, mais ce mécanisme opaque est désormais suranné et doit être révisé. Alors que les Communes riches - aux taux d’impôt les plus bas - lancent dans leur coin une initiative pour forcer l’État à reprendre l’entier de la facture sociale, le parti ouvrier se glisse dans l’actualité avec une contre-proposition estampillée «justice fiscale», pour redonner de «l’autonomie financière» aux collectivités les moins aisées. Son mérite indéniable reste celui d’être simple, compréhensible par tous. Force est de constater que les problèmes de 1999 sont toujours d’actualité. Pour le POP aux ambitions grandissantes, ce recyclage pourrait à tout le moins constituer un bon outil de campagne pour les élections cantonales 2022.

3 commentaires
    A réfléchir

    Cela encouragera la mauvaise gestion des communes. Ce sera la course aux dépenses inconsidérées et non finançable.