AboKokoschka, l'énergie du cœur
Très attendue, la rétrospective du Kunsthaus de Zurich s'appuie sur plus de 200 œuvres et documents pour dire l'envergure humaniste de l'expressionniste décédé à Montreux il y a 38 ans.

Laminé par la guerre, la première, puis nié dans son identité d'artiste par les nazis qui l'ont rangé parmi les peintres «dégénérés», Oskar Kokoschka n'a jamais laissé la paix s'installer dans son œuvre. Les traits se convulsent, fouillant les entrailles et les âmes, comme s'ils devaient aller au fond des choses pour comprendre et saisir leur essence. Même les luminosités grésillent alors que le geste monte au combat. Expressif! Et ce geste, des vues de Venise, du Cervin, de Prague jouant toute la gamme des couleurs aux éclats des chairs, de l'audace absolue des coups de crayon aux affiches placardées dans les rues de Londres pour combattre la faim, ne cesse de créer de l'énergie. De générer des énergies. Comme si, lui aussi, s'ingéniait à ne laisser aucun souffle à la tyrannie d'une pensée unique, et pas davantage à l'arbitraire.


















