L'État islamique aurait projeté un attentat à Genève
Des Suisses affiliés au groupe terroriste auraient décidé de frapper les citernes de Vernier au printemps 2019.

Le récit est glaçant. Celui d'une cellule genevoise de l'organisation terroriste État islamique (EI) qui aurait décidé de faire imploser les citernes situées sur la commune de Vernier, à une poignée de kilomètres seulement de l'Aéroport de Genève. Ce récit-là, c'est «Le Temps» qui le livre, fruit d'une enquête de «plusieurs mois», assure le quotidien.
Personnage central de ce projet d'attentat qui n'aura jamais vu le jour: Daniel D. ou Abu Ilias al-Swisri selon son nom de guerre au sein de l'EI. Âgé aujourd'hui de 25 ans, il aurait grandi au Lignon, se serait converti à l'islam en 2013 avant de rejoindre le groupe terroriste deux ans plus tard. Il est décrit comme étant «très sociable», «un bon gars». Désormais, le jeune homme serait détenu dans une prison du Kurdistan syrien où il nierait, selon «Le Temps», le rôle important qu'il aurait joué et la dangerosité qu'on lui prête.
La genèse
Daniel D. aurait fréquenté la mosquée du Petit-Saconnex où il rencontre «P.F. et Ramzi», ce dernier étant le seul «dont les parents soient musulmans et qui parle arabe». Le trio ainsi formé se serait radicalisé. À fin décembre 2014, Daniel D. et P.F., seraient partis en pèlerinage à la Mecque avec une dizaine d'autres fidèles de la mosquée genevoise. Quelques semaines plus tard, début 2015, c'est au tour de Ramzi d'accompagner Daniel D. dans le premier lieu saint de l'islam. Là-bas, ils auraient décidé de planifier leur voyage vers la Syrie. Ce sera chose faite, en avril 2015, lorsqu'ils quittent la Suisse. Les deux hommes auraient bénéficié notamment d'un entraînement aux armes avant de rejoindre la branche du groupe terroriste chargée des opérations extérieures.
Le projet d'attentat
À la fin de l'année 2015, P.F. qui est resté à Genève veut aussi rejoindre ses compagnons d'armes. Daniel D. l'en aurait dissuadé, selon «Le Temps», affirmant que la priorité pour l'EI étant de cibler des pays étrangers et «semer le chaos au cœur de l'Europe». La hiérarchie de l'organisation terroriste aurait alors demandé au trio de fomenter un attentat en Suisse, en définissant les cibles et la manière d'opérer; l'EI fournissant le soutien logistique entre autres. Ce premier projet serait tombé à l'eau, suppute le quotidien, évoquant des dissensions de nature idéologique entre P.F. et Daniel D.
La suite? Daniel D. aurait établi d'autres relations avec des djihadistes suisses, «deux Vaudois aujourd'hui détenus par les Kurdes en Syrie» ou encore un Argovien, considéré comme «très dangereux». Selon «Le Temps», il est difficile d'établir quand l'idée de cibler les citernes de Vernier est née, ni avec qui Daniel D. aurait planifié l'attentat. Mais à la fin de l'été 2018, révèle le quotidien, les services de renseignement américains auraient transmis à leurs homologues suisses des documents, lesquels détaillent ce projet d'attentat dans le canton de Genève. Une menace prise au sérieux par les autorités genevoises. La cheffe de la police cantonale Monica Bonfanti aurait ainsi pris des mesures pour protéger les sites à risque du canton. Selon «Le Temps», l'attentat était planifié pour «fin avril ou début mai 2019».
Des arrestations
Pourquoi l'attentat a-t-il échoué? Le quotidien n'y répond pas, pas plus qu'il n'explique l'arrestation de Daniel. Mais rappelle, (ndlr: ce qui pourrait être une piste) que l'arrestation de deux ressortissants albanais appréhendés alors qu'ils se dirigeaient vers Genève aurait pu jouer un rôle dans le non-aboutissement du projet.
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