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L'identité de Banksy révélée par un lapsus?

Le chanteur de Massiv Attack Robert del Naja serait-il aussi la star du street art qui essaime ses pochoirs dans le monde entier?
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Pas un commentaire, pas un démenti! Banksy, le plus traqué des street artists, n'a pas pipé mot depuis que le DJ britannique Goldie a oublié de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de lâcher dans une conversation radiophonique: «Donnez-moi une bulle, mettez-la sur un T-shirt avec Banksy écrit dessus et ça se vendra. Sans vouloir manquer de respect à Robert, je pense que c'est un artiste brillant qui a bouleversé le monde de l'art.» Si elle est disponible en podcast depuis mardi dernier, la petite phrase a mis quelques jours avant d'enflammer, à la veille du week-end, les réseaux sociaux et la planète médiatique.

C'est que… depuis ses premiers pochoirs à la fin des années 90 jusqu'à son mois «en résidence» à New York, où presque tous les jours d'octobre 2013 la ville – où le tag est interdit – découvrait un nouveau Banksy sur ses murs, le mystérieux qui vaut désormais des millions en salle de ventes intrigue. Et même plus! Il a la science, la technologie, les profileurs et les journalistes d'investigation à ses trousses, sans parler de la rumeur évoquant jusqu'à la possibilité que le Britannique soit une femme. Mais, depuis le 29 août 2016, la thèse du blogueur Craig William démasquant un artiste – Robert Del Naja, le chanteur de Massive Attack – derrière l'artiste Banksy séduisait et mettait tout le monde d'accord, sauf l'insaisissable qui rétorquait: «Nous sommes tous Banksy!» Or, c'est bien cette thèse que Goldie vient de réactiver, croisant les noms de «Robert» et de «Banksy» dans une même phrase. Un rapprochement fait par Craig William, après avoir traqué et cartographié les apparitions toujours si appropriées des silhouettes infusant dans un dessin aussi poétique que cynique et les concerts du groupe Massive Attack. Melbourne en 2003, Los Angeles en 2006, San Francisco et Toronto en 2010, New York en 2013: à chaque fois des pochoirs, à chaque fois des concerts! Et même Naples en 2004. Même si le groupe n'y a pas fait son show, le blogueur a fait le lien entre une Madone au pistolet de Banksy apparue cette année-là et le souvenir du tifoso de l'équipe napolitaine Robert Del Naja évoquant dans une interview le souvenir d'un match en 2004.

Mais tout n'est pas qu'affaire de dates! Les possibilités de faire du musicien et de la star du street art un seul et même artiste sont encore autres. Tous deux ont Bristol pour berceau, tous deux se profilent en activistes, l'un s'opposant à la guerre en Irak, l'autre «bombant» Gaza. Robert Del Naja, alias 3D, s'est aussi fait connaître dans ses œuvres de street artist. Mais Banksy – maîtrisant aussi bien les codes du marché de l'art, lorsqu'il se déguise en peintre du dimanche dans les rues de New York pour monnayer quelques dollars sa production, que l'art de fausser les pistes – s'était déjà fait un plaisir de mettre le doigt sur ce qui les distingue: «Quand j'avais 10 ans, un garçon appelé 3D graffait activement dans les rues. Je crois, a-t-il ajouté dans une interview en 2006, qu'il était allé à New York et qu'il a été le premier à rapporter des bombes de peinture à Bristol.» En attendant la suite, sur la photo de couverture de son groupe Facebook, la phrase peinte de sa main «Banksy's real name is…» se termine toujours par un bel éclat de peinture rouge.