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AboLe coût du crédit grimpe
La BNS relève ses taux et les locataires tremblent

Le président de la BNS, Thomas Jordan, a décidé de relever pour la cinquième fois depuis juin 2022 les taux directeurs pour combattre le renchérissement.
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Délicate décision de la Banque nationale suisse (BNS). Cette dernière a relevé pour la cinquième fois d’affilée ses taux directeurs, les fixant à 1,75%, afin de freiner l’inflation. Mais beaucoup s’interrogent sur ce mouvement susceptible d’influencer tant les loyers que l’économie. Car la croissance économique est molle, alors que le renchérissement paraît contenu.

Les locataires risquent d’être touchés. «Le taux directeur de la BNS a une influence sur le taux de référence utilisé pour fixer les loyers, qui est une moyenne mathématique», confie Olivier Feller, secrétaire général de la Fédération romande immobilière (FRI).

Loyer à la hausse

Après avoir reculé au cours de la dernière décennie, le taux de référence pour les locataires a été relevé début juin pour la première fois depuis 2008 (de 1,25% à 1,5%). La moitié des loyers du pays risquent d’être relevés d’environ 3% à la suite de cette hausse. «C’est plutôt un tiers des locataires qui pourraient être concernés dans l’arc lémanique», précise Olivier Feller.

«Si le taux de référence pour les loyers devait passer de 1,5% à 1,75%, tous les baux conclus à partir de juin 2017 sont susceptibles d’être concernés.»

Olivier Feller, secrétaire général de la Fédération romande immobilière

Faut-il craindre que ça grimpe davantage? Ce n’est pas impossible. «Si ce taux de référence pour les loyers devait passer de 1,5% à 1,75%, tous les baux conclus à partir de juin 2017 sont susceptibles d’être touchés», confie-t-il. C’est en effet à cette date que le taux utilisé pour fixer les loyers était passé sous la barre des 1,75%.

Cette situation fait crier du côté de la défense des locataires. «C’est un problème qu’il faut résoudre, car ces hausses de loyer liées aux relèvements des taux de la BNS nourrissent l’inflation, confie Carlo Sommaruga, président de l’Asloca. C’est une situation qui nous préoccupe et il faut agir pour en limiter les effets sur les locataires.»

Changer la norme

En Suisse, la norme en termes de fixation des loyers fait s’interroger tous azimuts. «Ce n’est pas une bonne chose que les loyers soient indexés sur les taux hypothécaires, estime Samy Chaar, chef économiste de la banque Lombard Odier. Alors que la BNS cherche à contenir l’inflation, le resserrement monétaire fait in fine monter les loyers, ce qui favorise le renchérissement.» Bref, c’est un peu le serpent qui se mord la queue. Voilà pour les locataires.

Pour Samy Chaar, l’inflation ne serait plus véritablement un problème. Cette dernière serait globalement sous contrôle. «La tendance est favorable», affirme l’économiste. Après avoir atteint des sommets à près de 10%, l’inflation a tendance à se retrancher en Europe et aux États-Unis. «La réouverture de la Chine et la baisse du prix de l’énergie et des denrées alimentaires permet de retrouver une certaine normalité au niveau du prix des biens», observe-t-il.

En Suisse, les taux ne devraient plus guère grimper, selon Samy Chaar. Car il ne faut pas tuer le faible niveau de croissance économique.

Les banques centrales restent en alerte

Cela étant, les banquiers centraux demeurent en alerte. «Les banques centrales de Norvège et d’Angleterre viennent de rehausser de 0,5% leur taux de référence, alors que les analystes tablaient sur 0,25%», illustre John Plassard, spécialiste en investissement de la banque Mirabaud.

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Dans la même veine, la BNS reste sur ses gardes. Les perspectives en matière de prix de l’électricité, de l’alimentation et… des loyers resteraient délicates. «La BNS dit s’attendre à une inflation de 2,1% en 2025, ce qui revient à dire que le renchérissement ne retrouvera pas dans son taux cible, allant de 0 à 2%, avant 2026», analyse-t-il. Cet objectif est considéré comme idéal pour assurer la stabilité des prix et la croissance économique du pays à long terme.

«Ce n’est pas une bonne chose que les loyers soient indexés sur les taux hypothécaires.»

Samy Chaar, chef économiste de la banque Lombard Odier

Ces craintes s’expliquent. Une fois déclenchée, une vague d’inflation met du temps à être maîtrisée. «Le cycle de désinflation est historiquement long à aboutir, ce qui oblige à garder les taux à un niveau élevé pendant un certain temps», relève John Plassard.

Le franc en soutien

La BNS a cependant une autre arme que les taux pour lutter contre l’inflation. Elle peut soutenir le franc pour réduire le coût des produits importés en Suisse, que ce soit celui du pétrole, des matières premières ou encore des composants dont se nourrit l’industrie locale, ce qui freine le renchérissement.  «La vigueur actuelle du franc explique pourquoi l’inflation est largement plus élevée en Europe (6%) et aux États-Unis (4%) qu’en Suisse (2,9%)», analyse-t-il.

À cet égard, la BNS dispose encore de 760 milliards de francs de réserves placés en monnaies étrangères (actions et obligations) qu’elle peut progressivement liquider. Elle a accumulé ce montant pour limiter la hausse du franc ces dix dernières années afin de soutenir la compétitivité des sociétés exportatrices du pays. À l’avenir, la BNS ne va pas se priver de les utiliser pour freiner le renchérissement.

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