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La faute au Covid-19La brasserie Dive Bär a besoin de liquide

Des investisseurs ont quitté le navire, refroidis par la crise sanitaire. La brasserie de Gland a jusqu’au 23 mai pour trouver 75’000 francs.

Jonathon Klassen et David Shotlander ont créé leur brasserie en 2016 et espèrent passer à la vitesse supérieure cet automne.
Jonathon Klassen et David Shotlander ont créé leur brasserie en 2016 et espèrent passer à la vitesse supérieure cet automne.
DR

La microbrasserie Dive Bär joue au quitte ou double d’ici à la fin du mois. Début juin, elle doit signer le bail de son futur bar avec outil de production dans la zone artisanale de Gland. Mais le coronavirus a compliqué les plans des deux fondateurs, le Montréalais David Shotlander et l’Américain du Minnesota Jonathon Klassen. Le ralentissement économique a fait fuir des investisseurs représentant quelque 75’000 francs. La petite entreprise a jusqu’au 23 mai pour réunir cette somme.

Une démarche de financement participatif a été lancée dans l’urgence sur son site internet. Mercredi, 32% de l’objectif avait été atteint. «Si nous ne parvenons pas à récolter cet argent, nous renoncerons à notre projet», note David Shotlander. «La question de la poursuite des activités de la brasserie se posera aussi, précise son compère. Nous sommes arrivés à un niveau où soit nous grandissons, soit nous arrêtons.»

Fondée en 2016 par les deux hommes qui habitent le même immeuble à Gland et qui se sont connus par l’entremise de leurs filles, Dive Bär a grandi doucement. La production a commencé dans la cuisine de David, avant de déménager dans un petit local pour enfin être réalisée chez leur homologue et ami FMR, à Rolle. En 2019, ce sont seulement 5000 litres, de bonne facture, qui ont été concoctés par les deux brasseurs et vendus sur les marchés et sur leur site internet.

L’ancienne cantine Philips

Aujourd’hui, le rêve des deux voisins est de reprendre un lieu emblématique de Gland qui fut d’abord la cantine de l’usine Philips. Quand la multinationale a réduit sa voilure, il s’est transformé en pizzeria populaire à l’enseigne de Chez Paolo. Le restaurant a fermé abruptement et sans explication en décembre 2018.

Les deux brasseurs ont prévu d’y installer leurs outils de production pour une capacité de 1000 litres par brassin. Les cuves seront visibles depuis la partie bar de l’établissement, où il sera possible de déguster les ales et autres stouts des maîtres des lieux. Derrière le comptoir, ce seront 18 becs desquels couleront autant de bières différentes. Une partie café sera aussi créée, les deux amis ayant suivi une formation pour torréfier eux-mêmes et sur place les grains d’arabica.

«La question de la poursuite des activités de la brasserie se posera si nous ne parvenons pas à réunir l’argent nécessaire. Nous sommes arrivés à un stade où soit nous grandissons, soit nous arrêtons.»

Jonathon Klassen

Une petite restauration est prévue à base de tapas et de planchettes. La salle pourra quant à elle accueillir une cinquantaine de clients, en respectant les mesures de distanciation actuellement en vigueur. Une grande terrasse créera un Biergarten qui s’étendra jusque sous un grand arbre. La cuisine sera doublée d’une petite boulangerie qui fera du pain avec le malt ayant servi à la fabrication de la bière, dans un souci de développement durable.

Le rêve de Dive Bär pourrait devenir réalité rapidement en cas de réussite de la recherche de fonds. Au meilleur des cas, l’établissement pourrait ouvrir à la fin du mois d’octobre.