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AboSommet à Pékin
La Chine en puissance fait sa mue en Afrique

Les leaders africains applaudissent Xi Jinping à l’ouverture du Forum sur la coopération sino-africaine, jeudi, à Pékin.
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Qui dit mieux? Cinquante milliards de dollars sur trois ans, telle est la somme promise ce jeudi par le président Xi Jinping à plus de 50 dirigeants africains réunis à Pékin. Histoire de contribuer au développement de leurs pays. Les voilà un peu rassurés, eux qui craignaient les effets du ralentissement de la deuxième économie mondiale.

La Chine est devenue le premier partenaire commercial du continent africain et elle entend bien le rester. Ralentissement ou pas, c’est une priorité pour Pékin. «Le Sud global représenté par la Chine et l’Afrique est en plein boom et fait l’histoire», affirmait déjà en février Xi Jinping.

Atout géopolitique

«Les relations de la Chine avec l’Afrique sont essentielles aux efforts déployés par Pékin pour étendre son influence dans l’ordre mondial dominé par l’Occident», explique Theo Neethling, professeur de sciences politiques à l’Université de Free State, en Afrique du Sud. «Avec ses 54 États membres des Nations Unies sur 193, le continent africain revêt une importance géopolitique considérable.» Leur pouvoir de vote peut être déterminant dans les affaires internationales.

De leur côté, les États africains accordent une importance évidente à ce forum: 53 pays participent au sommet de trois jours. La seule exception est l’Eswatini, qui entretient des relations diplomatiques avec Taïwan. «Le forum de coopération Chine-Afrique est l’événement le plus important du calendrier des relations internationales africaines. Les dirigeants africains sont plus nombreux à participer à ces sommets qu’à l’assemblée générale des Nations Unies!» relève Bhaso Ndzendze, professeur associé à l’Université de Johannesburg.

Bien sûr, les États-Unis ou l’Europe demeurent importants pour l’Afrique. Mais on estime que «la Chine a investi 2,5 fois plus dans le développement des infrastructures africaines que tous les pays occidentaux réunis», note Astrid Haas, professeure adjointe à l’Université de Toronto. Par ailleurs, Pékin laisse les coudées franches aux dirigeants autoritaires.

Mue qualitative

Cela dit, une mue est en cours. «La stratégie africaine de la Chine évolue», observe Lauren Johnston, professeure associée au Centre d’études sur la Chine de l’Université de Sydney. «Dans les années 90 et 2000, la Chine a connu un boom économique massif, ce qui a augmenté sa demande d’importations de ressources naturelles – comme le pétrole – en provenance d’Afrique», rappelle la chercheuse. Du coup, «la Chine a financé des infrastructures dans les pays africains en échange d’un accès à ces ressources». Chemins de fer, aéroports, ports, ponts…

Mais une nouvelle approche se met en place. «L’accent est désormais mis sur la production industrielle, la création d’emplois, les investissements qui débouchent sur des exportations africaines et les possibilités d’amélioration de la productivité dans les domaines de l’agriculture et de la technologie numérique.»

Transition énergétique

Ce n’est pas tout. «La crise climatique mondiale a suscité un élan en faveur des technologies d’énergie renouvelable – telles que l’énergie solaire ou éolienne. La Chine a compris il y a quelques années qu’elle avait une chance d’être le leader de cette nouvelle industrie», poursuit Lauren Johnston. Or, l’Afrique abrite des minéraux essentiels pour les technologies renouvelables, comme le cuivre, le cobalt et le lithium.

La présence minière chinoise en Afrique se concentre sur cinq pays dont la RDC, la Zambie et le Zimbabwe, au cœur de la nouvelle course à l’énergie verte. Ils abritent les plus grandes réserves de lithium, de cuivre et de cobalt. Plus de 70% du cobalt mondial provient de RDC. Et la Chine y est le principal investisseur étranger, possédant 72% des mines de cobalt et de cuivre en activité.

Mais la Chine, championne des véhicules et batteries électriques, ainsi que des panneaux solaires, est aussi à la recherche de débouchés pour ces produits, qui butent contre des barrières tarifaires aux États-Unis et en Europe. Développer les économies africaines, c’est aussi créer de nouveaux clients.

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