AboAérodrome civil de PayerneLa Confédération retoque le système de dégivrage des avions
Une toiture photovoltaïque plutôt que végétalisée a été privilégiée, ce qui ne compte pas comme compensation écologique.

Ce devait être un nouvel atout pour l’aérodrome civil de Payerne pour développer ses prestations. En septembre 2021, le Conseil communal avait validé un investissement de 600’000 francs pour permettre à Swiss Aeropole SA (SASA) de renforcer les infrastructures civiles de la base aérienne. Un système de dégivrage des avions et un hangar à véhicules devaient être aménagés sur le site. Mais plus de dix-huit mois plus tard, si le projet d’abri a été revu, les Offices fédéraux de l’aviation civile (OFAC) et de l’environnement (OFEV) n’ont toujours pas validé les plans du système de dégivrage.
«Le blocage provisoire de toute approbation des plans a été décidé par l’OFAC en raison des retards sur la procédure de compensation écologique.»
«Le blocage provisoire de toute approbation des plans a été décidé par l’OFAC en raison des retards sur la procédure de compensation écologique du toit solaire du bâtiment Payerne Airport», a récemment communiqué la Municipalité de Payerne. La raison? Les exigences de compensation écologique de l’OFEV ne sont pas satisfaites, notamment sur la toiture du bâtiment d’aéroport civil, dont les hangars appartiennent à la société Anura SA.
Énergie et écologie
En lieu et place d’une toiture végétalisée de 7700 m², initialement prévue en prairie écologique et comptant comme compensation, les maîtres d’ouvrage ont finalement opté pour une installation photovoltaïque. «Les aménagements construits diffèrent de ce qui est fixé dans la décision. L’OFAC a décidé de conditionner la modification du service de dégivrage à la réalisation d’une mesure de substitution à la toiture de la halle», confirme Antonello Laveglia, chargé de communication à l’OFAC. Et de rappeler que transition énergétique et compensation écologique sont des notions distinctes qui répondent à des besoins différents.
«La situation actuelle implique des surcoûts et n’est donc pas optimale.»
Un groupe de travail réunissant la Commune de Payerne, la Coreb (exploitant civil pour l’OFAC), SASA et Anura a été mis en place pour résoudre le différend. Si l’installation définitive de dégivrage, permettant la récupération des fluides excédentaires, n’est toujours pas faite, la société d’exploitation a toutefois pu proposer ce service durant l’hiver 2022-2023 avec une infrastructure provisoire. «Cela rassure les opérateurs d’avions d’affaires», signale Massimo Fiorin, directeur de SASA.
La tâche de récupération des liquides s’avère toutefois assez laborieuse. «La situation actuelle implique des surcoûts et n’est donc pas optimale», poursuit le directeur. Cela n’a pas empêché la société de poursuivre son développement, avec une croissance significative du nombre de vols (+27%), ainsi que plusieurs implantations, dont la vente à Supra, concrétisée en février 2022.
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