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EditorialLa croissance par le vert

La chute du prix des énergies fossiles risque de limiter les investissements pour les solutions renouvelables et mettre un coup de frein à la transition écologique.

Surtout ne pas perdre lobjectif de vue. Un drame en chassant un autre, on ne parle presque plus de gaz à effet de serre depuis que le coronavirus a débarqué dans nos vies. Pour un peu, le réchauffement climatique ne serait plus qu’un lointain cauchemar.

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Il va pourtant falloir revenir à la réalité. Mais la chute libre du prix des énergies fossiles ne va pas faciliter les choses. Depuis 2018, l’or noir a abandonné près de 70% et les cours du charbon ont été divisés par deux. Le mouvement s’est même accéléré avec le coronavirus. Ce plongeon n’est pas une bonne nouvelle pour les énergies vertes et la lutte contre le réchauffement planétaire.

Certes, le prix du mazout et de l’essence va se retrancher et les ménages apprécieront. Mais les investissements vers le solaire, l’éolien, l’hydrogène ou encore la biomasse risquent de diminuer. Car l’effondrement du prix des énergies fossiles rend ces dernières peu chères à utiliser. Alors, en ces temps de récession et de gonflement de l’endettement des États, la tentation est grande de mettre de côté la transition écologique pour réduire les coûts. Ce serait une erreur.

«En ces temps de récession, la tentation est grande de mettre de côté la transition écologique pour réduire les coûts. Ce serait une erreur.»

Prolonger la vie des centrales à charbon en Europe ou en Asie ou siphonner allègrement le très polluant pétrole de schiste aux États-Unis n’est pas une solution. Pire, ce serait allier désastre écologique et manque de clairvoyance économique.

Pour relancer la croissance, il faut soutenir les énergies renouvelables pour produire du courant, de la chaleur et du carburant. La mise en place d’infrastructures «vertes» à une large échelle dopera l’économie. On sait que la Confédération veut fixer des objectifs contraignants pour remplacer le nucléaire et diminuer la dépendance au pétrole et au gaz d’ici à 2035. Il s’agit là d’une véritable chance à saisir.