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Carnet noirLa danse perd une de ses bonnes fées

Danièle Schild, figure romande du monde de la danse, s’en est allée à 69 ans.

Danièle Schild (derrière) avec sa soeur Nicole, en 2015. Les deux jumelles ont consacré leur vie à la danse.
Danièle Schild (derrière) avec sa soeur Nicole, en 2015. Les deux jumelles ont consacré leur vie à la danse.
Florian Cella

Une flamme s’est éteinte. Pour une fois, cette image trop souvent galvaudée traduit la réalité. Danièle Schild, 69 ans, la souriante, la rayonnante, l’exubérante, la battante a été vaincue par le cancer au terme d’un vain combat.

Ainsi se clôt une magnifique aventure vécue à deux, avec Nicole, sa jumelle, danseuse comme elle, professeure de danse comme elle; puis à trois avec Jan, son mari («un mariage de conte de fées», disait-elle). Jan Zaborowski, un comte polonais, aussi calme et pondéré que Danièle était pétrie de fantaisie. Les deux sœurs ne s’étaient-elles pas fait passer l’une pour l’autre lors de leur confirmation, à l’église de Pully? «Mais la gémellité est à la fois un atout et un frein, expliquait Danièle. Si l’une a un problème, l’autre en souffre aussi.»

Un contrat pour deux

Formation parallèle dans les studios lausannois de Mara Dousse et de Jacqueline Farelly. Carrières parallèles aussi. Il leur est même arrivé de se voir proposer un contrat pour les deux avec un unique salaire à la clé! Elles débutent à Innsbruck, puis créent à Liège un «Concerto pour deux jumelles». L’espace de dix ans, toujours ensemble sur scène, elles font le tour de la France en tête d’affiche de la comédie musicale «Il faut marier maman». De retour en Suisse, elles présentent à deux une série d’émissions pour les enfants sur l’écran de la TSR. En duo encore, elles finissent par reprendre une école de danse à Fribourg, puis celle d’Alice Vronska à Lausanne.

Au fil des années, des centaines d’enfants y font leur bonheur. Tant l’une que l’autre adorent enseigner aux plus jeunes. Bénévolement, elles animent d’ailleurs le Club des jeunes amis du Prix de Lausanne. Danièle se décrivait comme la plus impulsive des deux, la plus fonceuse. Elle a d’ailleurs présidé la Fédération suisse des écoles de danse. Nicole se voit plus réfléchie, plus réservée, plus organisée aussi. Toutefois, selon les circonstances, les rôles pouvaient s’inverser. Elles étaient fusionnelles et complémentaires.