Passer au contenu principal

ÉditorialLa défaite de Trump, une «fake news»

Peut-on ne pas aimer Donald Trump – ou plutôt sa vision de la politique – et détester certaines armes utilisées pour le faire tomber? «Le Monde diplomatique» a sorti cet été un supplément sur les «fake news» et la post-vérité. Rappelant que la diffusion de fausses informations ne date pas d’hier: les faux charniers de Timisoara (1989), les bobards de la guerre du Kosovo (1999) ou les mensonges de la guerre du Golfe (2003).

Le journal d’opinion, étiqueté «gauche antilibérale» et depuis longtemps indépendant éditorialement de son grand frère «Le Monde», poussait cet été sa réflexion plus loin. Sur le Brexit, les campagnes «socialistes» – aux USA, c’est presque encore un gros mot – de Bernie Sanders ou l’élection de Donald Trump, il décrit comment des «fake news» auraient aussi été complaisamment diffusées par des médias mainstream. En prenant notamment l’exemple du présumé soutien russe au président américain. Pourtant démenti après deux ans d’enquête indépendante d’un procureur spécial mais sans que cela ne fasse les gros titres.

Ce que reproche aussi en filigrane le «Monde diplo» – que l’on peut difficilement taxer d’orientation trumpienne – à ses confrères américains, c’est de ne pas avoir enquêté sur les raisons de l’élection du milliardaire populiste il y a quatre ans. De ne pas avoir arpenté le terrain pour expliquer comment les citoyens de l’Amérique profonde, peu à peu dégoûtés par l’establishment politique, se sont tournés vers un homme dont beaucoup trouvent qu’il a au moins le mérite d’essayer de tenir certaines de ses promesses, aussi aberrantes qu’elles puissent être. On peut ajouter que les démocrates n’ont pas trouvé, tant avec Hillary Clinton que Joe Biden, une alternative programmatique populaire et enthousiasmante. Ni les républicains d’ailleurs.

Aujourd’hui, certains médias américains font donc de l’éviction de Donald Trump une question idéologique où tous les coups sont permis. Y compris ceux que l’on a reprochés à Fox News en 2016 lorsque la chaîne d’obédience néoconservatrice a joué avec toutes les vérités au mépris des règles de l’éthique journalistique. Et tous ceux qui ne suivent pas cette ligne du TST (tout sauf Trump), comme certains éditorialistes «conservateurs» du «New York Times» ou des journalistes enquêtant sur les «casseroles» des Biden, sont priés de se taire ou de partir. Dans ce sens-là, Donald Trump, qu’il gagne ou qu’il perde, aura réussi à imposer sa manière de faire. Et ce n’est pas ce qui est le moins inquiétant.

8 commentaires
    Clovis

    Quand on écrit 30 lignes pour dire » j’en sais rien » c’est c’est du beau gaspillage d’énergie. Ridicule...