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ÉditorialLa deuxième crise arrive. Pas de panique!

La sortie de la crise sanitaire est glaçante sur le plan économique. Le plus difficile nous attend. Les prévisions des économistes sont mauvaises. L’économie helvétique va enregistrer ces prochains mois un net recul de l’activité et une hausse importante du chômage. Plus de 100’000 emplois à plein temps seront perdus. Et il faudra probablement attendre 2022 pour un retour à une situation comparable à 2019. Les mesures prises très tôt par le Conseil fédéral et les cantons pour atténuer le «choc» auront permis d’éviter un effondrement de l’économie, mais pas de favoriser un retour à la normale. Car si le pays retrouve une activité intérieure satisfaisante, l’industrie d’exportation, le moteur le plus dynamique de l’économie, reste à quai. Des pans entiers de l’industrie mondiale sont en panne. La Suisse romande, plus exposée que la Suisse alémanique à l’Asie et aux économies fortement dépendantes du dollar, est, sans surprise, plus touchée par la chute du commerce mondial.

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A priori, on pourrait s’étonner que, au vu de ces mauvaises prévisions, la Suisse ne se lance pas dans un projet de relance conjoncturelle. En réalité, une relance par la demande (favoriser la consommation) ne changerait pas grand-chose à la situation d’une économie très spécialisée comme la Suisse; l’essentiel du dynamisme de sa croissance provient de ses échanges avec l’étranger. Mais cela ne signifie pas pour autant que des mesures ciblées pour soutenir les entreprises et l’emploi ne sont pas indispensables. La Suisse a la chance de pouvoir s’endetter sans aucun risque pour remédier au manque de liquidités des entreprises découlant de l’arrêt de l’activité liée au Covid-19. En clair, si le soutien budgétaire a été rapide, le retour à une certaine rigueur budgétaire devra être progressif et bien dosé.