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Campagne politique sur FacebookLa faîtière des communicants dénonce les faux profils yverdonnois

La Société romande de relations publiques condamne l’usage de ce type de procédés «trompeurs ou mensongers» et rappelle le cadre déontologique de la profession.

Une dizaine d’avatars faisaient campagne pour le PLR local. Le parti dit avoir été trompé par un communicant à qui il avait donné un mandat.
Une dizaine d’avatars faisaient campagne pour le PLR local. Le parti dit avoir été trompé par un communicant à qui il avait donné un mandat.
Captures d’écran/Facebook

L’affaire des faux profils Facebook qui appuyaient la campagne du PLR d’Yverdon fait réagir jusqu’à la faîtière romande des communicants. Après de nombreuses condamnations politiques publiées en ligne, notamment celle du chef de groupe socialiste à Berne, Roger Nordmann, qui parle sur Twitter de «méthodes à la Trump», la Société romande de relations publiques (SRRP) s’indigne: «L’affaire ternit l’image de notre profession, écrit Romain Pittet, coprésident, dans une prise de position publiée mercredi sur le site internet de l’organisation. La SRRP condamne l’usage de procédés trompeurs ou mensongers. Ils sont contraires aux principes déontologiques de notre métier.»

Nous révélions mardi qu’une dizaine de faux profils faisaient activement campagne pour la section PLR de la deuxième ville du canton, en vue des prochaines élections communales. Le communicant caché derrière les avatars – qui travaillait pour le parti – assurait dans nos colonnes avoir fait lui-même le choix de cette approche largement contestable et contraire aux conditions d’utilisation de Facebook. De son côté, le PLR affirmait qu’il n’était pas au courant de cette pratique, qu’elle dépassait le mandat convenu, et dénonçait «avec la plus grande fermeté ce genre de procédés qui décrédibilisent l’ensemble de l’action politique et de l’engagement civique».

«La population yverdonnoise a pu être amenée à croire que le soutien populaire en faveur du PLR était plus élevé qu’il ne l’est en réalité.»

Romain Pittet, coprésident de la Société romande de relations publiques

Les objectifs de la stratégie sont clairs. La manœuvre a permis de gonfler artificiellement ce qu’on appelle «l’engagement», c’est-à-dire le nombre de likes, de partages et de commentaires liés aux publications du PLR d’Yverdon-les-Bains, détaille en substance Romain Pittet. Par ailleurs, plus le taux d’engagement est élevé, plus Facebook aura tendance à rendre une publication visible. «Par conséquent, la population yverdonnoise a pu être amenée à croire que le soutien populaire en faveur du PLR était plus élevé qu’il ne l’est en réalité», estime le coprésident de la SRRP.

Déontologie précise

La faîtière rappelle que ses membres sont soumis à un cadre déontologique étendu. L’utilisation de faux comptes Facebook contrevient directement au Code de Lisbonne («le professionnel de relations publiques doit faire preuve d’honnêteté, de probité intellectuelle et de loyauté», peut-on par exemple lire à l’article 3).

Cependant, d’après la SRRP, le communicant incriminé n’est pas un de ses membres. «En Suisse, seuls les membres de la SRRP et des autres associations professionnelles rattachées à l’association faîtière PR Suisse ont l’obligation de respecter le cadre déontologique», explique encore son coprésident. En cas de contraventions, ces derniers s’exposent à des sanctions allant jusqu’à la radiation de l’organisation. Et de conclure: «Lorsque vous confiez un mandat de communication ou de relations publiques, le mieux est de vous assurer que votre mandataire est bien membre d’une association professionnelle.»

2 commentaires
    Raynald

    Pas étonnant venant d’un PLR.