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Industrie à Payerne
La fermeture de l’usine Eternit met 80 employés sur le carreau

L’usine Eternit avait ouvert ses portes en 1957 à Payerne. La Commune lui avait cédé gratuitement onze poses sur un terrain situé à la Boverie, dans le sud-ouest de la ville.
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«J’ai des enfants en bas âge et ma maman est hospitalisée. Ce ne sera pas simple de se déconnecter pendant les vacances…» Comme ses collègues de l’usine Eternit de Payerne, Simon* vient de recevoir la confirmation de la prochaine fermeture du site. Travaillant depuis 2021 à Payerne, l’habitant de Fribourg a déjà commencé à chercher un nouveau travail. Malgré le soutien du syndicat Unia aux travailleurs ou les démarches politiques cantonales, la société Swisspearl n’a pas changé sa stratégie. L’usine fabriquant des ardoises de toiture et du mobilier de jardin fermera bien ses portes en fin d’année.

Au terme de la procédure de consultation, «la direction de Swisspearl Suisse SA est arrivée à la conclusion suivante: le regroupement dans une seule usine suisse est judicieux et l’usine de Payerne sera donc fermée», a annoncé l’entreprise. La direction a informé le personnel et la commission des collaborateurs de cette décision de centralisation à Niederurnen (GL), confirmant ainsi les annonces de fin mai et la suppression de quelque 80 emplois.

«Assurer la compétitivité de l’entreprise et compenser la récession qui s’amorce dans le secteur de la construction.»

Communication Swisspearl Suisse SA

Propriétaire du site rebaptisé Swisspearl en début d’année, la société justifie cette décision pour «assurer la compétitivité de l’entreprise et compenser la récession qui s’amorce dans le secteur de la construction et qui s’est déjà clairement fait ressentir dans les chiffres d’affaires du deuxième trimestre 2023». L’entreprise signale avoir étudié les propositions soumises par le personnel dans le cadre de la consultation. Mais le contexte économique a fait pencher la balance vers une fermeture.

Pressions et intimidations

«Vu la manière dont la consultation a été menée, la décision n’est pas surprenante. La direction a tout fait pour limiter au maximum les possibilités de négociation offertes par la procédure», constate, amer, Noé Pelet, responsable du secteur industrie chez Unia Vaud. Aux yeux du syndicat, des alternatives aux licenciements secs auraient été possibles à moyen terme, puisque le propriétaire de Swisspearl, Bernhard Alpstaeg, envisage d’y implanter une filiale de Swisspor, spécialisée dans l’isolation.

Courant juin, Unia avait déjà dénoncé des pressions antisyndicales et des intimidations durant la consultation. Ainsi, une assemblée des travailleurs du site de Payerne avait dû être annulée, la direction ayant réussi à dissuader les employés de s’y rendre. Le syndicat a aussi été tenu à l’écart des dernières discussions. «Certains recevront leur lettre de congé dès la fin juillet. D’autres licenciements vont suivre en septembre et on va rapidement passer à une seule équipe au lieu de deux à la rentrée», explique Pedro*, qui affiche bientôt quatre ans d’ancienneté.

L’usine payernoise produit des plaques pour les façades et du mobilier de jardin.

Plan social attendu

Concernant le plan social en vue de la fermeture, Swisspearl informe que les négociations menées avec la représentation du personnel ont bien avancé et sont sur le point d’aboutir. «Les dernières tractations sont prévues vendredi à Niederurnen et cela doit nous être présenté dès lundi», reprend le Staviacois Pedro. Les employés bénéficient aussi d’un soutien et d’aides à la réorientation professionnelle.

«Ce n’est pas correct de donner les clés de cette réorganisation à des travailleurs pas concernés par la fermeture et qui vont au contraire recevoir des volumes de commandes.»

Noé Pelet, responsable du secteur industrie chez Unia Vaud

Unia craint de son côté un plan social minimaliste. Et note que la représentation était formée de seulement deux Broyards du site de Payerne, pour cinq Alémaniques du site de Niederurnen. «Ce n’est pas correct de donner les clés de cette réorganisation à des travailleurs pas concernés par la fermeture et qui vont au contraire recevoir des volumes de commandes», peste Noé Pelet.

Et le syndicaliste de rappeler au passage que certains employés ont plus de 50 ans. «Il ne leur sera pas simple de retrouver du travail et j’espère que le plan prendra ces cas particuliers en considération», conclut-il. Au total, Swisspearl emploie 2400 collaborateurs dans sept pays. L’entité ne conserverait qu’un site de production suisse, délocalisant aussi vers l’usine d’Anhovo (Slovénie).

* Prénoms d’emprunt

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