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EditorialLa fin du mirage Trump

L’infection du président américain au Covid-19 confronte l’Amérique pro-Trump à sa propre vulnérabilité.

Dans le bar de la banlieue de Cleveland, l’atmosphère était festive mardi soir. Plusieurs centaines de supporters de Donald Trump s’étaient massés dans l’établissement décoré pour Halloween afin de regarder le débat de leur héros.

Au milieu des citrouilles et des sorcières, il y régnait un sentiment d’invincibilité. Les militants portant un masque se comptaient sur les doigts de la main, contrairement aux théories du complot sur la pandémie qu’ils colportaient à tue-tête.

Trois jours plus tard, après la prestation grotesque du président lors du débat et l’annonce de son infection au Covid-19, l’Amérique pro-Trump est confrontée à sa propre vulnérabilité. La fin du mirage créé par Donald Trump pour tenter de minimiser la pandémie s’est transformée en cauchemar pour lui.

Vendredi matin, à l’annonce de l’infection de Donald Trump, l’Amérique s’est retrouvée plongée dans le noir.

Mardi soir, il s’était encore moqué à Cleveland de la taille du masque de son adversaire Joe Biden. Vendredi, il était retranché dans la Maison-Blanche, forcé de considérer les risques que pose la maladie et d’annuler ses meetings à l’heure où il est distancé dans les sondages.

À 32 jours du scrutin présidentiel, les Américains les plus exaspérés par l’attitude de Donald Trump face à la pandémie ne résisteront peut-être pas aux moqueries, en évoquant les bannières «Fini les foutaises» brandies ces derniers mois par les supporters du président.

Beaucoup d’autres hocheront la tête de dépit face à l’ampleur de la catastrophe qui a fait déjà plus de 208’000 morts aux États-Unis pendant que le président faisait comme si elle n’existait pas. «J’ai cassé chaque fenêtre mais la maison est dans l’obscurité», chante Leonard Cohen sur son album posthume. Vendredi matin, à l’annonce de l’infection de Donald Trump, l’Amérique s’est retrouvée plongée dans le noir.

7 commentaires
    Jacques Gaillard

    Donald Trump avait promis une nouvelle qui ferait l'effet d'une bombe lors de la droite finale de la campagne. Il a tenu parole, mais n'imaginait pas qu'il en serait le détonateur.