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EditorialUne fusion qu’on doit envisager

Le rapprochement entre UBS et Credit Suisse n’est pas idéal. Mais est-il évitable?

Une fusion entre les deux grandes banques doit être envisagée. Certes, ce n’est encore qu’une rumeur, mais plusieurs éléments plaident pour un rapprochement. Les deux établissements ne sont plus en 1re ligue au niveau international, sauf dans la gestion de fortune privée.

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La pression sur les marges dans le marché des capitaux est telle aujourd’hui que la recherche d’une taille critique est indispensable. Les géants comme BlackRock ou Vanguard sont ainsi six à douze fois plus grands que les premiers de classe helvétique.

La fusion apparaît dès lors comme une réponse aux enjeux internationaux. À l’inverse, une fusion à l’échelon suisse va se révéler très délicate. Non seulement elle implique une suppression d’un emploi sur cinq environ, soit près de 15000 postes, mais le mariage se heurte aux exigences de la concurrence.

Dans le domaine hypothécaire et des crédits aux PME, le nouveau groupe disposerait d’une position très forte, dominante, lui permettant de réinstaller une forme de cartel. Il est probable que la Comco (Commission de la concurrence) et la FINMA (l’autorité de régulation bancaire) exigeront des cessions d’activités. Dans ce mariage, c’est évidemment UBS qui semble la mieux placée.

Un statu quo, évidemment, doit être également envisagé, mais pour un temps seulement. Le monde bancaire va au-devant de bouleversements considérables. La vague numérique, l’arrivée sur le marché de banques purement virtuelles, d’intermédiaires non bancaires et la consolidation en Europe poussent les banques de rang mondial à regrouper leurs forces pour survivre dans un monde impitoyable.

Les cours boursiers déprimés des banques reflètent cette incertitude pour l’avenir. Comme toujours, une fusion est une réponse défensive, qui échoue souvent. Mais UBS et CS ont-ils encore le choix? Tôt ou tard, l’une des deux banques devra s’allier avec quelqu’un d’autre. Pourquoi pas son voisin?