Passer au contenu principal

Affaire DrueyLa gauche radicale remet l’expropriation sur le tapis

Le député Hadrien Buclin dépose une motion qui vise à «lutter contre la spéculation foncière et immobilière». À Lausanne, on demande aussi des explications sur la vente de cet immeuble.

Hadrien Buclin au Grand Conseil vaudois (2018).
Hadrien Buclin au Grand Conseil vaudois (2018).
ARC Jean-Bernard Sieber

«ScandaleuxVoilà comment le député SolidaritéS Hadrien Buclin qualifie la vente d’un bloc d’immeubles à Druey 22-30. L’affaire, révélée la semaine dernière dans nos colonnes, se résume ainsi: la saga judiciaire, qui a vu des dizaines de personnes perdre leur logement pour cause de travaux de rénovation, a connu un nouvel épisode cet été. Druey 22-30 a en effet été vendu à Retraites Populaires pour une somme d’au moins 10 millions supérieure à son prix d’achat il y a huit ans. Et sans que les travaux n’aient été effectués.

Pour Hadrien Buclin, cette histoire est la preuve que les lois actuelles ne protègent pas suffisamment les locataires. Il propose de munir les collectivités publiques d’une «arme de dissuasion» pour éviter les expulsions de logement. Celle-ci a un nom: l’expropriation.

Le député rappelle que l’Asloca avait, en 2011, lancé une initiative incluant ce levier. «La procédure pourrait cibler un immeuble ou un terrain privé, dans le cas où une Commune estimerait en avoir besoin pour un projet de construction de logements à loyer abordable», dit son texte. À l’heure actuelle, la loi vaudoise sur l’expropriation ne concerne que les projets d’infrastructure.

À noter que la motion a peu de chance de trouver grâce aux yeux du parlement, surtout à droite. Elle devrait être discutée dans les mois à venir.

Au Conseil communal de Lausanne, l’affaire sera aussi évoquée, mais très prochainement. Pierre Conscience, d’Ensemble à Gauche, dépose ce mardi une interpellation urgente qui demande aux autorités dans quelles conditions la vente à Retraites Populaires aurait pu être évitée au profit de la Ville.

Vers plus de social

Le droit de préemption, garanti par la récente loi sur la préservation et la promotion du parc locatif (LPPPL), donne en effet la priorité aux autorités sur les ventes immobilières. Pourquoi n’avoir pas acheté?, demande l’élu. Il en profite pour s’enquérir du soutien que les autorités prévoient pour les «locataires floués».

Un postulat est aussi prévu. Il propose de «faire bifurquer la politique du logement» vers plus de social. Via notamment une politique «beaucoup plus proactive» d’acquisition de terrains. Et la création d’une «régie publique».