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ImmobilierLa LDTR pousserait-elle à la fraude?

Genève dispose d’une législation spécifique destinée à préserver l’habitat existant. Mais le cadre très rigide de cette fameuse LDTR inciterait des acteurs à la contourner de façon illicite.

Immeuble en travaux à Genève. Certains propriétaires renoncent à rénover leur bien afin d’éviter de subir un contrôle des loyers.
Immeuble en travaux à Genève. Certains propriétaires renoncent à rénover leur bien afin d’éviter de subir un contrôle des loyers.
Lucien Fortunati

Cet article a été rédigé par les journalistes de «Bilan». Retrouvez le suivi de l’actualité sur Bilan.ch

Le 29 novembre, une enquête de la RTS révélait que deux propriétaires d’immeubles étaient soupçonnés d’avoir falsifié des baux pour procéder à des hausses massives de loyer. Le procédé était simple. Fabiano Citroni, journaliste qui a dévoilé l’escroquerie, donne l’exemple d’un propriétaire qui profite du départ d’un habitant pour faire passer le loyer de 886 à 2000 francs par mois. «Pour que le locataire ne saisisse pas le Tribunal des baux et loyers et dénonce une hausse abusive, le propriétaire établit un bail fictif de courte durée indiquant que l’ancien locataire payait 2000 francs par mois. C’est ce document qu’il présente au nouvel habitant. Dupé, ce dernier ignore qu’il paie deux fois plus que l’ancien occupant.» Contacté, l’un des locataires éphémères a assuré que ces hausses étaient justifiées. Selon lui, ces appartements avaient été occupés très longtemps par les mêmes personnes et un réajustement des loyers était «normal».

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