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L’invitéLa loi sur le CO₂ matérialise les engagements de la Suisse

Alberto Mocchi souligne l’importance d’agir sans perdre de temps.

Le mois de septembre 2020 a été le plus chaud à l’échelle du globe depuis que l’on mesure de manière fiable les températures. Il vient poursuivre une longue série de records de températures, qui ont vu l’année 2019 classée deuxième plus chaude depuis la fin du XIXe siècle, juste derrière… 2016. Notre planète se réchauffe à toute vitesse sous l’effet de l’activité humaine, et il est urgent de réduire massivement nos émissions de gaz à effet de serre pour éviter le pire.

C’est en partant de ce constat qu’ont été négociés les Accords de Paris sur le climat, que la Suisse a signés et s’est engagée à respecter. L’application concrète de ces engagements se matérialise dans la révision de la loi sur le CO2, votée par le parlement lors de sa dernière session, et rendue plus ambitieuse que les précédentes moutures par le renforcement de la représentation écologiste au sein de l’hémicycle et par la pression des jeunes dans la rue. Objectif fixé: réduire de moitié nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, et atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

«Des avancées notables sont à relever dans le domaine du chauffage, mais aussi des transports ou de la finance»

Pour cela, des avancées notables sont à relever dans le domaine du chauffage (un gros quart de nos émissions totales sur le sol national), mais aussi des transports (30% des émissions) ou de la finance. Il sera ainsi par exemple plus difficile d’installer des chauffages à mazout, et le prix de ce combustible va augmenter.

L’argent ainsi récolté sera redistribué à la population pour deux tiers via des ristournes sur les primes d’assurance maladie et, pour le tiers restant, via des subventions, à une meilleure isolation des bâtiments. La moyenne des émissions de CO2 des nouveaux véhicules importés devra être divisée par deux d’ici à 2030, ce qui mettra sur le marché des modèles bien plus efficients qu’aujourd’hui et permettra de compenser la hausse prévue de 10 à 12 centimes du prix de l’essence.

Le mérite d’exister

Aujourd’hui cette loi est attaquée à droite par celles et ceux qui veulent que rien ne change, et qui pensent cyniquement qu’il suffira de monter un peu leur clim’ pour survivre aux épisodes caniculaires qui vont s’intensifier ces prochaines années. Plus surprenant, à l’extrême gauche on fustige également une loi qui serait trop peu ambitieuse. Ce texte n’est certes pas parfait, et il aurait été différent s’il avait été rédigé et voté uniquement par des écologistes convaincus. Il est le fruit d’un compromis typique de notre système politique, et a l’avantage certain d’exister.

L’urgence est bien là, et chaque mois que l’on perd avant d’appliquer de nouvelles mesures pour réduire nos émissions de CO2 est un mois de trop! Comme le dit la sagesse populaire, «un tiens vaut mieux que deux tu l’auras». C’est encore plus vrai lorsque les principaux opposants à la loi, ceux dont le message sera clairement plus audible, veulent que rien ne change.

1 commentaire
    H. Giot

    "Notre planète se réchauffe à toute vitesse" ! Voilà bien l'affirmation des personnes qui ne savent pas décrypter les données du climat et qui ne font que chercher des records parmi les statistiques sans aucune logique .

    Les données d'une étude récente concernant les derniers 3000 ans du climat dans le nord du Canada (https://www.ncdc.noaa.gov/paleo-search/study/31353) permettent d'analyser cette évolution : il en ressort que la température de notre période dépasse à peine les pics observables et qui suivent des cycles naturels ou vagues espacées de 65 à 75 ans environ .

    Les années 2015-20 représentent justement une fin de cycle AMO caractérisée par des records . On pourra confirmer cette observation ces prochaines années qui devraient commencer par un nouveau cycle et donc en retrouvant un creux plus ou moins marqué ...

    Le forçage radiatif anthropique n'ajoute qu'environ 2 watts/m2 depuis quelques décennies à l'effet de serre global qui se mesure au hauteur de 155 watts / m2 .

    Bien que le risque d'emballement soit nul, nous devrons bien nous passer des fossiles dans le futur pour des raisons évidentes et la transition énergétique est incontournable ...mais selon un plan raisonnablement appliqué et non dans la précipitation ...