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Linguistique et droits des femmesLa masculinisation de la langue, un mal(^e) récent

Le langage inclusif fait son chemin, malgré les résistances hostiles des milieux conservateurs et un contexte androcentriste qui dure.

Dans cette gravure du 19e, Honoré Daumier représente une autrice – qu’on appelait une «bas-bleu» – qui délaisse ses tâches de femme au foyer et mère, avec les conséquences désastreuses que cela comporte.
Dans cette gravure du 19e, Honoré Daumier représente une autrice – qu’on appelait une «bas-bleu» – qui délaisse ses tâches de femme au foyer et mère, avec les conséquences désastreuses que cela comporte.
DR

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Avez-vous lu Madeleine de Scudéry, Marie-Catherine Desjardins ou Antoinette Deshoulières? Ces autrices ne disent sans doute rien à personne. Or leurs textes étaient lus et leur talent reconnu! Tellement qu’on a craint que ces femmes de lettres fassent de l’ombre aux auteurs, selon la linguiste Eliane Viennot, dans son livre «Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin! Petite histoire des résistances de la langue française» (Éd. iXe, 2014). Jusqu’à justifier que le mot «autrice» n’apparaisse pas dans le dictionnaire de l’Académie française, établi au XVIIe siècle. Comme philosophesse, mairesse ou encore médecine, ou tout autre terme désignant une profession intellectuelle. «C’est une des trois vagues de masculinisation de la langue, explique Pascal Gygax, psycholinguiste à l’Université de Fribourg, qui prépare un livre sur le thème à sortir en mai aux Éditions Le Robert. Aujourd’hui, c’est la démasculinisation qui rencontre beaucoup d’hostilité.» Explications.

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