Carrière du MormontLa Municipalité d’Éclépens contre-attaque
En réaction notamment à la série publiée par «24 heures» au sujet de la cimenterie Holcim, l’Exécutif prend position dans un tous-ménages.

Le document porte le sceau d’Éclépens et la signature de sa Municipalité. Les habitants de ce village du district de Morges, situé au pied de la carrière du Mormont, l’ont reçu cette fin de semaine dans leur boîte aux lettres. Intitulée «Prise de position de votre Municipalité sur l’avenir de l’usine de ciment Holcim», la missive se veut une réponse aux «divers propos parfois erronés de quelques opposants farouches pour qui toutes sortes de situations illégales leur sont parfaitement correctes et défendables».
L’Exécutif évoque «divers articles parus dernièrement dans les journaux ou tous-ménages». Dans le cadre d’une série dont le premier épisode a été publié le 1er février, «24 heures» avait notamment fait état des tensions entre l’Association pour la sauvegarde du Mormont (ASM) et la Municipalité.
Sur une page et demie, l’Exécutif dénonce l’attitude de l’ASM, accusée de lancer des «turbulences» à Éclépens, qui serait «d’habitude une petite bourgade paisible où il fait bon vivre en toute harmonie».
L’Exécutif souligne qu’il «ne défend pas plus les intérêts de Holcim que ceux des autres industries implantées sur son territoire». Il passe en revue les avantages de la présence de la cimenterie, notamment emplois, rentrées fiscales, élimination des déchets. Des atouts «à ne pas négliger par les temps qui courent». La Municipalité évoque également des inconvénients, comme la modification du paysage et les coups de mine.
Refus de prendre position
Dans le cadre de la campagne pour les élections, l’ASM avait fait parvenir aux candidats d’Éclépens et de La Sarraz une lettre leur demandant de prendre position sur l’avenir de la carrière. Les membres de la Municipalité d’Éclépens, candidats à leur réélection, ont répondu par le biais du tous-ménages mentionné ci-dessus. Ils refusent de prendre position. Quant aux élus de La Sarraz, ils ont répondu également par la négative, mais en leur nom propre et via un courrier adressé à l’ASM. Dans les deux cas, les candidats évoquent un dossier trop complexe et délicat pour prendre position de cette manière.
«Les municipaux d’Éclépens utilisent l’argent du contribuable pour faire leur publicité en période électorale», dénonce le président de l’ASM, Alain Chanson. L’association, qui relève plusieurs erreurs dans le tous-ménages, compte demander un droit de réponse. Elle souligne notamment qu’elle ne demande pas la fermeture de l’usine, mais qu’elle souhaite que le calcaire soit pris dorénavant ailleurs que sur le Mormont. «Nous défendons les intérêts de la commune, nous ne faisons pas notre publicité, rétorque le syndic d’Éclépens, Claude Dutoit. Pour une fois, nous avons le droit d’exprimer notre position.»
«Nous défendons les intérêts de la commune, nous ne faisons pas notre publicité»
Dans son tous-ménages, la Municipalité livre également les réponses aux questions que «24 heures» lui a fait parvenir récemment. Suite à nos publications, des élus s’étaient offusqués du fait que certains de leurs pairs nous aient relaté des propos qui se sont tenus lors de séances du Législatif. Sans se prononcer sur cette affaire en particulier, la préfète du district de Morges, Andrea Arn, confirme que «les séances des Conseils communaux sont publiques, sauf si le huis clos est décidé». En cas de huis clos seulement, les conseillers n’ont pas le droit d’évoquer publiquement ce qui s’est dit en séance. Par ailleurs, le principe de publicité est maintenu même si le public ne peut pas assister au Conseil en raison de la pandémie, selon la préfète.
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