Passer au contenu principal

Élections communalesLa Municipalité d’Yverdon bascule à gauche

Le camp rose-vert sort gagnant d’un résultat zébré au deuxième tour, plaçant ainsi 5 des siens à la Municipalité. Le syndic Jean-Daniel Carrard (PLR) arrive dernier des élus, juste devant l’UDC.

De g. a dr., les élus de gauche Benoist Guillard (Verts), Jean-Claude Ruchet (PS), Brenda Tuosto (PS), Pierre Dessemontet (PS) et Carmen Tanner (Verts) posent pour une photo ce dimanche après l’annonce des résultats du 2e tour.
De g. a dr., les élus de gauche Benoist Guillard (Verts), Jean-Claude Ruchet (PS), Brenda Tuosto (PS), Pierre Dessemontet (PS) et Carmen Tanner (Verts) posent pour une photo ce dimanche après l’annonce des résultats du 2e tour.
Keystone

On se lève et on s’en va. Assommée, émue, l’entier de l’alliance PLR-UDC a quitté le château savoyard en bloc dimanche peu après la proclamation des résultats.

Les urnes confirment le virage à gauche de la deuxième ville du canton. Le PLR qui y régnait en maître depuis plus de cinq ans, voit sa municipale de l’Urbanisme Gloria Capt évincée, son syndic sortant et député Jean-Daniel Carrard élu de peu, manquant de se faire doubler par l’UDC Pascal Gafner. De quatre fauteuils à l’Exécutif, il en reste donc deux aux bourgeois. Et si le Grand Parti reste le premier du Conseil, la balance des forces est désormais à gauche.

Étaient déjà élus au 1er tour Pierre Dessemontet (PS), Carmen Tanner (Verts) et Brenda Tuosto (PS). Il faut donc y ajouter le Vert Benoist Guillard, le PLR Christian Weiler, le socialiste Jean-Claude Ruchet et Jean-Daniel Carrard.

Emue, Carmen Tanner n’hésite pas à expliquer le score de l’alliance de Gauche par un vaste mouvement de société. «C’est un nouveau Mai 68 à Yverdon. Une vague verte, jeune et féministe.» Benoist Guillard abonde. «Il y a une volonté globale de changement et de renouvellement», prenant à témoin l’âge et le profil des nouveaux élus.

Dimanche difficile pour la droite yverdonnoise. Jean-Daniel Carrard (PLR) est élu de peu, Gloria Capt (PLR) est évincée.
Photo Jean-Guy Python
Dimanche difficile pour la droite yverdonnoise. Jean-Daniel Carrard (PLR) est élu de peu, Gloria Capt (PLR) est évincée.
Photo Jean-Guy Python

A en croire les chiffres, l’alliance de droite a réussi à remobiliser ses troupes, mais cache mal le renversement quasi historique de ce dimanche. «Nos électeurs ont visiblement décidé qu’on ne sauverait que deux sièges et ont beaucoup pratiqué le traçage», regrette Pascal Gafner.

En fait, en 2016, au sommet de leurs forces, les formations réunies dans le sillage du PLR réunissaient plus de 3800 électeurs. Depuis, avec une baisse du taux de participation mais pas seulement, près de 20% de cet électorat a disparu. Sauf dans le camp d’en face, où on relève la force de frappe des sections jeunes et de la gauche alternative qui fait son grand retour.

«Pas un vote sanction»

«La capacité de mobilisation de la gauche est une tendance globale dans les villes, relève le PLR Maximilien Bernhard. Notre bilan était bon mais peut-être qu’une partie des électeurs en voulait plus. Un autre urbanisme ou une autre façon de communiquer. Nous allons devoir faire une autocritique, mettre en avant la relève et compléter notre politique en vue de 2026. Je ne crois pas que les compétences de nos élus soit remise en question.»

Tous les regards se tournent maintenant vers la syndicature, que la gauche revendique. Ce sera, confirme Pierre Dessemontet, le premier test pour ceux qui ont promis durant la campagne de «gouverner autrement»: à la fois éviter un duel fratricide rose-verts et intégrer les élus de la nouvelle opposition.

Rien ne filtre sur les intentions du député et homme fort de la législature 2016-2021, Jean-Daniel Carrard, dont les dossiers et les projets sont ceux qui doivent façonner l’Yverdon de demain.

Il faut remonter à 1953 pour trouver un syndic yverdonnois redevenu municipal. Il s’agissait du menuisier des ateliers CFF Léon Jaquier.

11 commentaires
    Urbanisme en effet

    «... La capacité de mobilisation de la gauche est une tendance globale dans les villes, relève le PLR Maximilien Bernhard. Notre bilan était bon mais peut-être qu’une partie des électeurs en voulait plus. Un autre URBANISME ou une autre façon de communiquer. ...»

    Comme l'idée de mettre un parking de 1'000 places en centre ville. L'avenir dans le rétroviseur. Et c'est un ex-PLR qui le dit !

    La votation fédérale vélo de 2018 a été acceptée à Yverdon à 90%. On ne crée pas une ville cyclable en créant des parking au centre ville.

    Sans compter, à long terme, le désastre pour l'environnement que d'enterer du béton.