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SuisseLa nomination de Livia Leu saluée mais aussi remplie d’attentes

L’ensemble des partis a salué la nomination de Livia Leu Agosti au poste de secrétaire d’État en charge des négociations avec l’Union européenne (UE), mais chacun pour des raisons différentes.

La nomination de Livia Leu Agosti suscite beaucoup d’espoirs, qui ne seront pas tous remplis.
La nomination de Livia Leu Agosti suscite beaucoup d’espoirs, qui ne seront pas tous remplis.
KEYSTONE

Le PLR, l’UDC et le PDC saluent la nomination de Livia Leu Agosti au poste de secrétaire d’Etat en charge des négociations avec l’Union européenne (UE) sur l’accord-cadre. Le PS et l’USS espèrent que cette nomination mènera à une meilleure prise en compte de leurs positions. Les Verts attendent une prise de position claire du Conseil fédéral.

En tant qu’ancienne déléguée aux accords commerciaux, Livia Leu Agosti a «une excellente compréhension des besoins économiques de la Suisse», souligne le PLR dans son communiqué. Sur le fond, le parti analysera et évaluera l’accord-cadre dans son ensemble une fois que les éléments encore en suspens – concernant la directive relative aux droits des citoyens de l’Union, les mesures d’accompagnement et la clause guillotine – auront été clarifiés, a-t-il fait savoir.

Du côté de l’UDC, Thomas Aeschi, chef du groupe parlementaire, dit avoir une bonne impression de la nouvelle secrétaire d’Etat mais estime qu’elle ne dispose que d’une «marge de manœuvre étroite». Pour lui, le départ de son prédécesseur, Roberto Balzaretti, n’est pas un échec pour le conseiller fédéral PLR Ignazio Cassis, qui avait dû reprendre «l’héritage» de son collègue de parti Didier Burkhalter.

Dans une interview à la NZZ mercredi, Thomas Aeschi a déclaré qu’il fallait à tout prix empêcher la signature de l’accord-cadre avec l’UE, puisque celui-ci remet en question ce qui fait de la Suisse ce qu’elle est.

Situation de blocage

Pour le PDC, la nomination de Mme Leu doit permettre de sortir d’une situation de blocage. Le parti estime que la directive sur la citoyenneté européenne n’a pas sa place dans l’accord-cadre, qui doit se limiter à son objectif.

Cette directive doit être réglementée à part, selon Charles Juillard, vice-président du PDC et conseiller aux Etats (JU). Il ajoute que les mesures d’accompagnement relèvent du droit national et n’ont pas leur place dans l’accord-cadre. Et de souligner encore que le peuple n’accepterait jamais que la démocratie directe soit sapée par une adoption automatique du droit communautaire.

Protection des salaires

Le PS, de son côté, estime que cette nouvelle nomination montre que le Conseil fédéral souhaite «enfin» entamer des négociations «sérieuses» avec Bruxelles pour améliorer le projet d’accord-cadre. Le parti demande que des clarifications soient faites concernant la protection des salaires, le service public et la citoyenneté européenne.

«Le PS continue à soutenir un accord-cadre qui garantit les mesures de protection des salaires en Suisse», insiste le conseiller national vaudois Roger Nordmann, président du groupe socialiste aux Chambres fédérales, cité dans le communiqué. Pour le parti, l’intégration européenne et le progrès social sont interdépendants.

Conseiller national vert (GE) et membre de la commission de politique extérieure, Nicolas Walder espère que «ce changement donnera enfin le courage au Conseil fédéral, et en particulier au ministre des Affaires étrangères, de prendre position sur ce dossier et de le porter».

Les Verts attendent en outre des clarifications sur les trois questions ouvertes de la protection des salaires, de la directive sur la citoyenneté européenne et des aides d’Etat, a déclaré le président du parti Balthasar Glättli.

«Une illusion»

Economiesuisse ne commente pas les nominations aux postes de la Confédération, a fait savoir la faîtière. Quant à l’Union syndicale suisse (USS), elle en prend acte. Elle espère que ce changement permettra une meilleure prise en compte de la position des différents acteurs politiques.

«C’était une illusion des négociateurs de penser que ce projet puisse être accepté tel quel par la population et les acteurs concernés», relève Pierre-Yves Maillard, président de l’USS.

Ce dernier juge la nature du projet délicate, notamment sur la question de la reprise de normes dans les domaines du service public, du rôle de l’Etat et de la protection des salaires. «Il faut exclure ces thèmes de l’accord ou revoir en profondeur le mécanisme, sinon on va à l’échec», affirme Pierre-Yves Maillard.

La Commission européenne, par le biais de son porte-parole Eric Mamer, a fait savoir dans un tweet qu’elle prenait note de la nomination de Mme Leu. Elle réitère en outre son appel au Conseil fédéral de «prendre des mesures concrètes pour avancer sans délai sur la signature et la ratification» de l’accord-cadre.

ATS/NXP