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Éditorial
La politique suisse, un univers impitoyable

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«Même les loups ne te boufferaient pas, tellement tu pues!» Ou: «Une balle est vite tirée!» Difficile de rester insensible à ce genre d’insultes ou de menaces. Il faut parfois être solide pour assumer son rôle de parlementaire en Suisse.

Une grande enquête Tamedia à laquelle ont participé plus de 2000 élues et élus des trois niveaux politiques du pays (communes, cantons et Confédération) met en lumière un monde politique qui n’est pas aussi serein que l’on voudrait le croire. Aujourd’hui, un engagement pour la communauté n’est plus une cape d’immunité, les violences y sont régulières. Plus de 40% des répondants avouent avoir été agressés au moins une fois. Ces attaques, associées aux critiques récurrentes, font que beaucoup estiment ne pas recevoir la reconnaissance qu’ils mériteraient de la part de la population.

C’est d’autant plus difficile que cette atmosphère lourde ne s’arrête pas aux portes des hémicycles. Alors que les thématiques, comme le climat ou les crises économiques, ont un caractère de plus en plus urgent, les débats, eux, semblent de plus en plus stériles, bloqués par une polarisation croissante nourrie par l’opportunisme et un mimétisme des fonctionnements «trash» des réseaux sociaux.

À l’heure où les partis lancent leurs campagnes pour les élections fédérales, l’analyse des milliers de réflexions offertes par notre enquête mérite plus que de l’attention. Elle montre que la politique se situe à un point de bascule et qu’il est temps de réfléchir à ce que nous voulons. Par exemple, ne pas oublier que la stabilité du pays doit beaucoup à la capacité des législatifs de milice à échanger des idées sans dogmatisme ni animosité pour permettre au vivre-ensemble de perdurer. Autrement dit: de se rappeler que la cohésion, même si le principe paraît désuet, reste le meilleur terreau pour cultiver la sérénité. Avant qu’il ne soit trop tard.