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ÉditorialLa Pontaise, un stade iconique à sauver

Demandez à un Carioca ce qu’il ferait si on lui démolissait son Maracana. Idem pour la Bombonera de Buenos Aires, Anfield à Liverpool ou le Camp Nou à Barcelone. Alors oui, le Lausanne-Sport n’est ni l’équipe nationale du Brésil, ni le Boca Juniors, ni même les Reds, même s’il lui arrive parfois de ne pas marcher seul face à la bise polaire des Plaines-du-Loup. Mais la Pontaise reste la Pontaise.

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Même Wikipédia lui consacre une page racontant comment le Montriond Football Club et le Club hygiénique de Lausanne se partageaient cet ancien terrain vague, comment les athlètes eux-mêmes avaient construit la première piste, comment la Suisse y a battu l’Italie en 1954 devant 43000 spectateurs. Sans parler des records d’Athletissima ou des concerts de Michael Jackson, de Prince ou de Johnny Hallyday. C’est dire si les fantômes rôdent sur fond de grands moments. Et ce, même si le peuple du chef-lieu a refusé, il y a onze ans, de sauver ce stade avec un projet qui ménageait pourtant le chou du patrimoine et la chèvre des compétitions.

«Les fantômes rôdent ici sur fond de grands moments»

Conçu entre autres pour attirer des Jeux olympiques de 1960 qui iront plutôt à Rome, le stade est rapidement encensé ici et ailleurs. Le «colisée en béton», dessiné par Charles-François Thévenaz (choisi par un jury présidé par Alphonse Laverrière), est un exemple de «fonctionnalisme», rappelle l’architecte Giulia Marino dans une plaquette. Pour la «visibilité optimale» offerte au spectateur, pour sa «relation privilégiée avec le paysage des Alpes», pour son «rationalisme lyrique». On le compare au Stade municipal de Turin, à celui de Göteborg ou au Flaminio romain.

La vérité d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui. Comme l’a fait Helsinki avec son Olympiastadion et contrairement à ce qu’affirmait en 2011 l’ancien syndic Vert Daniel Brélaz, il faut sauver la Pontaise. À l’instar de ce qu’a fait Genève pour un autre objet de légende placé sur la liste rouge de Patrimoine suisse, le cinéma Le Plaza. Non pas en faisant de cette «vague» iconique un monument intouchable, mais en l’inscrivant dans la vie de la cité. Comme l’ancien aéroport de Tempelhof à Berlin. Dans ce canton qui a trop longtemps négligé ses patrimoines contemporains, populaire ou industriel, et qui commence enfin à s’en soucier.

4 commentaires
    H. Giot

    On ne va jamais le visiter on le fait pour le Colisée! Je me rappelle du concert des Pink Floyd qui a arrosé de musique toute la ville , mais cela ne justifierait pas de garder ce stade assez banal .