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Lutte contre le coronavirusLa pression monte pour une obligation du port du masque

Alors que le nombre de cas positifs est en hausse, de plus en plus de voix se font entendre pour exiger d’avoir un masque dans les transports publics.

Porter un masque dans le train ou le bus devrait être obligatoire, jugent de plus en plus de responsables.
Porter un masque dans le train ou le bus devrait être obligatoire, jugent de plus en plus de responsables.
keystone-sda.ch

Sera-t-il bientôt obligatoire de porter un masque dans les transports publics? Cantons et Confédération n’ont pas encore franchi le pas mais la mesure est réclamée avec davantage d’insistance alors que le nombre de cas repart à la hausse. L’OFSP annonçait dimanche avoir enregistré 62 tests positifs en vingt-quatre heures. Face à une situation jugée «inquiétante» par le chef de l’Office, des responsables réclament l’obligation d’être masqué pour prendre son train ou son bus.

Le chef du groupe de travail Covid-19 de la Confédération souhaite ainsi que la mesure soit prise. «Nous recommandons l’obligation de porter un masque dans les transports publics et partout où le traçage des contacts n’est pas possible», a déclaré Matthias Egger à la «SonntagsZeitung». La task force se montrait jusque-là bien plus prudente sur le sujet mais le rebond a changé la donne. Le responsable juge que «le danger d’une augmentation plus importante est maintenant présent».

«La situation est très instable et la meilleure solution est d’utiliser le masque de protection»

Antoine Flahault, épidémiologiste

Les cantons songent aussi à mettre en place la mesure. Il y a dix jours, le ministre genevois de la santé Mauro Poggia s’était exprimé en sa faveur. Le canton n’a pas sauté le pas mais réévaluera la situation cette semaine. Et c’est au tour du président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé de prendre position en ce sens. «Nous ne devrions pas perdre plus de temps pour rendre le port du masque obligatoire», a estimé Lukas Engelberger dans la «SonntagsZeitung».

Actuellement, le masque reste uniquement recommandé dans les transports. Contacté, l’OFSP indique suivre avec attention l’évolution du virus. Il pourrait agir en cas de poursuite du rebond. «La confirmation de la progression du nombre de cas est prise très au sérieux. En regard du suivi épidémiologique, le catalogue des mesures est évalué et, le cas échéant, des mesures seront arrêtées et communiquées», indique l’OFSP, sans se prononcer sur le masque.

Obligatoire dans les bureaux et magasins?

Pour l’épidémiologiste genevois Antoine Flahault, rendre le masque obligatoire serait une bonne chose. «Des clusters apparaissent, la situation est très instable et la meilleure solution est d’utiliser le masque de protection dans les endroits où des contaminations sont susceptibles de survenir», affirme-t-il. Le professeur juge que la mesure devrait être étendue à tous les lieux «clos, confinés et mal ventilés, où la distance sociale est difficile à respecter». Cela concernerait aussi les bureaux, les magasins ou encore les salles de spectacle.

Le spécialiste estime que la population accueillerait positivement cette exigence. «Nous ne demandons pas un nouveau confinement, cela resterait une mesure légère, justifie Antoine Flahault. Au cœur de l’épidémie, il n’y avait pas besoin d’appeler à telle obligation car les gens le faisaient naturellement. Maintenant, nous observons un relâchement.»

Un relâchement en lieu clos a ainsi été observé à Zurich, où près de 300 fêtards sont en quarantaine après avoir été dans la même boîte de nuit qu’un infecté du Covid-19. La ministre de la Santé du canton a fustigé dimanche l’attitude de nombre de participants, qui avaient déclaré de fausses identités et insultaient les traceurs chargés de les retrouver.