AboCommunautés LGBTLa Pride romande 2024 se tiendra à Martigny
La cité d’Octodure accueillera l’an prochain la marche pour l’égalité des populations LGBTIQ+. Interview de Yannick Tapparel, président de ce rassemblement.

Après deux éditions à Sion en 2001 et 2015, la Pride romande reviendra en Valais en 2024. Cette Marche des fiertés romande, qui suivra celle de Genève en 2023, vise à mettre en lumière les communautés LGBTIQ+ et à faire évoluer les mentalités. L’été dernier, elle avait accueilli 10’000 personnes à Bulle. L’ édition sédunoise de 2015 avait, elle, rassemblé 7000 personnes.
Pour le comité valaisan, le choix de sortir du chef-lieu cantonal a une double raison. Il permet d’abord de potentiellement toucher d’autres populations, celles localisées hors des villes. Les organisateurs entendent également envoyer un message politique, alors que les agressions homophobes dans le Vieux-Pays se sont multipliées depuis deux ans.
À 36 ans, Yannick Tapparel reprend les rênes de la Pride Valais/Wallis, qui se tiendra durant l’été à une date pas encore fixée.
Pourquoi avoir choisi la ville de Martigny pour cette nouvelle Pride valaisanne?
La Pride s’inscrit dans un tournus en Suisse romande, avec la volonté de montrer que les communautés peuvent se rassembler ailleurs qu’à Genève, très active pour le militantisme. De notre côté, nous avions envie de changer de lieu et de sortir de Sion. Nous avons pensé à d’autres villes, comme Sierre ou la région du Haut-Valais. Finalement, nous avons choisi Martigny, notamment pour soutenir une nouvelle association, «Qlub Queer», qui s’y est récemment créée.
Est-ce suite aux agressions homophobes qui ont eu lieu dans la région que cette association est née?
Oui, en 2021, une agression homophobe a eu lieu dans le cadre d’une victoire de l’équipe de Suisse à l’Euro de foot. Il y a aussi eu plusieurs agressions sur l’aire d’autoroute d’Ardon en décembre dernier.
Quel est le principe d’une telle marche des fiertés?
Pour moi, une pride a toujours été une manifestation politique, même si elle n’est pas partisane. C’est un moyen concret de faire passer des messages, avec une couverture médiatique bien plus efficace que le travail des associations au quotidien. Mais notre travail est justement de les mettre en avant, et aussi de créer un lieu de rassemblement pour toutes les personnes qui se sentent concernées, mais qui ne sont pas forcément membres du milieu associatif.

Avez-vous déjà un programme établi?
Nous reprendrons en partie ce qui a été fait en 2015. Il y aura vraisemblablement un cortège, des défilés, probablement une soirée aussi. On y trouvera également un village associatif. De notre côté, nous serons également présents à la Pride de Genève, qui aura lieu cette année. Ce sera aussi une façon de nous passer le flambeau. Et jusqu’au jour J, nous organiserons des débats, des événements culturels, etc.
Sans entrer dans les clichés respectifs, on peut imaginer que s’affirmer en tant que personnes LGBTIQ+ est plus difficile en milieu rural qu’en ville?
L’homophobie reste un problème que l’on retrouve bien en dehors des frontières du Valais… Mais c’est vrai qu’il existe bien des différences entre un milieu urbain et un milieu rural. Pour ces personnes, la situation dans un petit village peut parfois être moins facile, et nous sommes justement là pour celles qui n’auraient pas fait leur coming out, afin qu’elles se sentent moins seules.
Défiler dans un canton catholique, où la religion est présente de façon plus évidente, peut-il amener à des tensions?
Il est utopique d’organiser une Pride en pensant que tout le monde va être content et nous remercier. Les réactions négatives seront inévitables. Mais se taire n’a jamais fait avancer les minorités. Oui, il y a bien de l’homophobie sous-jacente en Valais. Mais nous ne sommes plus en 2001, année où le canton était quasiment le seul à voter contre le partenariat enregistré. Il nous reste toutefois encore une marge de progression en Valais.
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