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L’invitéLa prospérité va toujours de pair avec la sécurité

Christophe Reymond soutient le projet d’acquisition de nouveaux avions de combat soumis au vote le 27 septembre.

L’acquisition d’avions de combat constitue un classique de la politique suisse. Dans l’épisode qui s’achèvera par une votation dans quelques jours, le Conseil fédéral serait chargé de procéder aux achats d’ici à fin 2030, dans un cadre financier qui consiste en un prélèvement sur le budget militaire de ces dix prochaines années (6 milliards de francs au maximum). Ni le type d’appareils, ni leur nombre exact ne sont définis.

Cette approche a le mérite d’éviter que les adversaires de l’armée ne se transforment en spécialistes des choix techniques, glosant sur le nombre de turboréacteurs et la profondeur des rayons d’action. Elle amène aussi la population à se prononcer sur ce qui lui incombe vraiment, définir le principe et l’ampleur de la sécurité aérienne que l’on veut octroyer au pays. L’acquisition des avions émargeant au budget ordinaire de l’armée, celui-ci ne serait pas réduit en cas de refus mais consacré à d’autres équipements militaires.

«L’achat de nouveaux avions de combat manifeste la volonté de la Suisse d’assurer sa sécurité et sa souveraineté»

Le monde économique s’engage avec une belle unanimité en faveur du projet Air 2030. Des esprits chagrins font observer que c’est en raison des affaires compensatoires, grâce auxquelles les sociétés étrangères qui se verraient confier des mandats devront compenser 60% de la valeur contractuelle par des commandes dans notre pays. Ce retour sur investissement en centaines de millions de francs représente évidemment une quantité de travail bienvenue pour notre industrie, ainsi que l’acquisition d’un savoir-faire technologique pour plusieurs secteurs, des machines à l’électronique en passant par l’aérospatiale.

Pourtant, l’essentiel n’est pas là. Il réside dans cette affirmation qu’un environnement stable est indispensable pour permettre à l’activité humaine en général, et économique en particulier, de se déployer avec vigueur et diversité.

En 2014, lorsque le peuple avait rejeté l’achat des Saab Gripen, il s’agissait de remplacer les vieux F-5 Tiger. Aujourd’hui, c’est le renouvellement de toute la flotte aérienne qui est en question puisque les F/A-18, intensément exploités, atteindront leur limite d’âge dans dix ans, juste au moment où les nouveaux avions devraient entrer en service.

Maison sans toit

L’enjeu est de taille car si l’achat devait être refusé, la Suisse perdrait sa capacité de défense aérienne. Or sur le plan militaire, une armée sans protection du ciel est une maison sans toit; il lui est impossible d’assurer la défense terrestre. En temps de paix, il est indispensable d’accomplir les missions de police aérienne, ce qui ne se peut réaliser qu’avec des avions de chasse performants.

Le résumé est simple. Un pays ne protège sa souveraineté et ne réalise sa sécurité que s’il dispose d’une armée. Et une armée ne peut accomplir sa mission que si elle est en mesure de surveiller son espace aérien.