AboLa rencontreJonathan Coe, l’écrivain en son royaume désuni
La soixantaine, rougissant sous le soleil du Livre sur les Quais de Morges, le gentleman célébré comme le chantre acerbe de la Grande-Bretagne a répondu à nos questions.

Difficile d’imaginer le parolier et joueur de synthé un peu punk du groupe féministe Wanda and the Willy Warmers que fut dans les années 80 Jonathan Coe. Ou même le critique littéraire à la plume acerbe qui fusillait ses pairs avec «un brin d’arrogance» (sic!), pour boucler ses fins de mois de thésard à l’université. À la soixantaine, rougissant sous le soleil du Livre sur les Quais de Morges le week-end dernier, le gentleman célébré comme le chantre acerbe de la Grande-Bretagne dans les pays francophones, garde sa part d’ombre.
Ancrés dans la réalité la plus contemporaine, ses romans traversent le temps avec une pertinence intacte. Ainsi du «Royaume désuni», publié l’an dernier. Scandée par quelques dates historiques, la succession des années 1945-2020 épuise des airs tragiques ou cocasses. C’était hier et encore aujourd’hui. «Oh, moi, vous savez, je suis toujours en vacances, je n’ai jamais travaillé de manière officielle dans ma vie. J’ai bien une routine d’écriture, à laquelle je me tiens comme un étudiant qui se remet à bosser quand approche l’échéance. Je me lève tôt, comme ce matin. Vision splendide du lac, atmosphère idyllique sur ce balcon, conditions météorologiques idéales et pourtant… rien n’est sorti, pas une ligne.»



















