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ÉditorialLa sale semaine de BoJo

Après le succès de la vaccination, le premier ministre britannique doit faire face à la grogne populaire post-Brexit.

Avec les vaccins, il avait eu le triomphe facile. Au début du moins. Mais depuis que Bruxelles a mis en place l’obligation de réciprocité, on a vu cette semaine un Boris Johnson à qui il manque ses deuxièmes doses déployer des trésors de diplomatie et de courbettes auprès de ses «amis» européens. Et un «Monsieur Vaccin» de l’UE, Thierry Breton magnanime mais ironique, qui rassurait sur le plateau de l’émission «C à vous» les millions de Britanniques qu’on n’allait évidemment pas les laisser tomber.

L’Europe, toujours, rappelle depuis quelques jours au commandant en chef du Brexit le fil à la patte qui le rattache à l’Irlande du Nord. Une province parcourue par un sentiment de trahison et des unionistes qui crachent sur cette frontière douanière invisible en mer d’Irlande. Elle remet en cause leur place au sein du Royaume-Uni. Derrière les cocktails molotov, se profile aujourd’hui le risque de voir s’enflammer toute une île au lourd passif de 3500 morts en trente ans de conflit communautaire.

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La vérité, c’est que Boris Johnson a dissimulé à beaucoup de ses concitoyens les problèmes post-Brexit. Aux Irlandais du Nord, mais aussi aux pêcheurs, dindons de la farce maritime. Aux universités qui viennent de l’avertir dans une lettre que la facture pour rester dans le programme de recherche de lUE dépassera le milliard de livres par année. Aux petites entreprises noyées sous la paperasse et la bureaucratie qui rendent très difficile désormais d’exporter quoi que ce soit vers l’Europe. Aux Écossais enfin, dont la première ministre Nicola Sturgeon et son parti, fer de lance du référendum sur lindépendance, sont en bonne voie de remporter la majorité au parlement écossais, selon un sondage dopinion publié ce jeudi.

Oui, décidément, sale semaine pour Boris Johnson.

25 commentaires
    BOTAnic

    Excellent...tout ça va faire crasher la UK £ !!!

    C'est le moment de faire des réserves de liquidités du Pound, en vue d'une séance de shopping post COVID à Londres en prenant l'avion naturellement !! Histoire de bien contrarier les Vertes de service !