Passer au contenu principal

ÉditorialLa santé ne se négocie pas

On loue Roman Josi, on admire Cristiano Ronaldo, on vénère Roger Federer. Mais dans le fond, que sait-on de leur vie? On ne voit que le côté éclairé de la scène. Celui des paillettes, de l’argent, des belles voitures et des demeures luxueuses. Car le prestige et la gloire attirent, fascinent.

Le côté obscur, celui des doutes, du travail de l’ombre, la répétition inlassable des mêmes gestes, les sacrifices sociaux, les déplacements, les blessures, la douleur, font, quant à eux, beaucoup moins envie.

Lire aussi: Sportifs d’élite, ils ont sacrifié leur corps pour leur sport

On le sait, les chats qui rêvent de devenir des lions sont rarement prêts à délaisser leur boîte de Sheba aux crevettes pour aller égorger la gazelle et se prendre au passage quelques coups de sabots.

Ce qui fait la différence entre un champion et le commun des mortels, c’est précisément cette faculté d’affronter les obstacles et de repousser constamment les limites. Y compris celles de la douleur. Quitte parfois à engager sa santé physique et psychique pour atteindre les sommets. Mais est-ce bien raisonnable? Certainement pas, car la santé ne se négocie pas.

«Les sportifs de pointe mettent indéniablement leur corps en danger, à force d’aller toujours plus vite, plus haut et plus fort»

Alors louons Roman Josi, admirons Cristiano Ronaldo et vénérons Roger Federer. Applaudissons leurs exploits, la perfection de leurs gestes et remercions-les de nous faire vibrer devant notre poste de télévision. Mais n’envions pas pour autant la vie qu’ils mènent. Car même s’ils sont de plus en plus suivis et surveillés par des professionnels de la santé, les sportifs de pointe mettent indéniablement leur corps en danger, à force d’aller toujours plus vite, plus haut et plus fort.

Composer avec un corps de vieillard, alors que l’on n’a que 40 ou 50 ans, n’est pas l’idée que l’on se fait d’un ex-champion. Les athlètes ayant sacrifié leur santé pour leur carrière ne regrettent en principe rien de leurs choix. Et sont prêts à en assumer les conséquences. Même si, pour cela, ils devront affronter de nouveaux obstacles et souffrir au quotidien, dans l’ombre de leurs exploits passés.

9 commentaires
    Jean-Louis E.

    Et on pense un peu au Suisse moyen qui va s’esquinter les rotules a l’usine ou qui encaisse un stress extrême au bureau avant de devoir rentrer fissa à la maison ou pour s’occuper des gosses. Tout ça pour 5000 francs par mois. Elles ont quel âge ses artères à lui?