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ÉditorialLa société évolue, il faut l’accompagner

«Il y a vingt ans, lorsque deux hommes s’embrassaient à la télévision, mes parents éteignaient le poste. Aujourd’hui, ils me demandent des nouvelles de la fille que viennent d’avoir deux amies lesbiennes.» Cette anecdote, récemment entendue d’un proche, montre à quel point notre regard a évolué sur la question de l’homosexualité. Et explique pourquoi le «mariage pour tous» s’est imposé aussi facilement lors de son premier passage au parlement.

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Les opposants – car il en reste – ne manqueront pas de lancer le référendum. Avec, comme principal argument, la fameuse tactique du salami. En 2005, lors du débat sur le partenariat enregistré pour les couples de même sexe, il n’était en effet pas question d’adoption ou procréation médicalement assistée. Ces garde-fous d’alors étaient même utilisés comme arguments pour faire passer projet. La trahison sera alors brandie en étendard.

«Les mentalités changent. Et souvent même plus vite dans la population que sous la Coupole»

Les politiques se seraient-ils assis sur leurs promesses? Non, ils ne font qu’accompagner la société, qui ne ferme plus les yeux sur la réalité de milliers de personnes qui ont longtemps vécu cachées. Jusqu’à 30’000 enfants grandissent aujourd’hui dans des familles arc-en-ciel.

Le peuple a mûri sur ces questions. En 2016, les opposants à l’adoption de l’enfant du partenaire pour les couples homosexuels ne parvenaient même pas à réunir les 50’000 signatures nécessaires; au début de l’année, 63% des votants acceptaient d’étendre la norme antiracisme à l’homophobie.

Ici aussi les mentalités changent. Et souvent même plus vite dans la population que sous la Coupole. En acceptant le «mariage pour tous», le parlement ne fait pas de la Suisse un pays précurseur. Au contraire, il ne fait que rattraper notre retard vis-à-vis de la majorité de nos voisins européens.