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ÉditorialLa solitude de Monsieur Fusible

Rien n’est jamais simple à Beaulieu. À des années d’errements politiques particulièrement coûteux pour le contribuable vont donc succéder des années de procédures judiciaires, centrées sur la personne de Marc Porchet. Ça commence fort et ça tire à hue et à dia. Passé de dévoué secrétaire général de la fondation à filou cupide que personne n’avait vu venir, puis bouc émissaire injustement lynché par les autorités pour masquer leur propre incurie, voilà que l’homme retrouve un statut de suspect. Ce n’est peut-être que le début des rebondissements.

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Aux yeux des juges cantonaux, le Ministère public a eu tort de le blanchir l’été dernier. Certains éléments de sa gestion, disent-ils, laissent naître des soupçons quant à sa probité et mériteraient une enquête plus approfondie. Retour à la case départ, deux ans et demi après le dépôt de la plainte pénale qui le visait indirectement. Si la fondation était exsangue financièrement, c’était, pour le Conseil d’État et la Municipalité de Lausanne, la faute du secrétaire général, qui aurait profité et fait profiter des proches de lucratifs mandats surfacturés ou inutiles.

«Il semble écrit que Marc Porchet sera seul à rendre des comptes»

Un nouveau procureur va reprendre le dossier on lui souhaite bien du courage et tentera de démêler lécheveau de sous-traitants qui se sont affairés autour de Beaulieu durant près de vingt ans, générant un lot de flux financiers opaques. Il est probable que le prévenu soit, cette fois, renvoyé devant un tribunal, pour un procès public avec débats contradictoires. Il en sortira condamné ou acquitté. Quelle que soit alors l’issue définitive de ce procès, dominera alors le sentiment qu’on est allé au bout du «scandale de Beaulieu», à tout le moins de son volet pénal.

Impossible d’en dire autant du volet politique. La création d’une commission d’enquête parlementaire, que sollicite une poignée de députés devant le Grand Conseil, est vouée à être balayée. Elle vise à faire la lumière sur la responsabilité des élus de tous bords qui étaient aux manettes durant ces années de débâcle. Sans surprise, aucune majorité ne se dessine au parlement pour soutenir cette demande. Il semble écrit que Marc Porchet sera seul à rendre des comptes.