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AboLa star geek des greens
Matt Fitzpatrick: «Le golf n’est pas un milieu coincé»

Un caractère un peu timide et un humour très britannique: Matt Fitzpatrick brigue une troisième victoire à Crans-Montana.
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C’est une star qui s’apprête à débarquer sur le Haut-Plateau la semaine prochaine. Pourtant, Matthew Fitzpatrick a plus le profil du geek passionné des greens de golf que du flambeur des tapis rouges. «Bonjour, c’est Matt», annonce l’Anglais au téléphone à l’autre bout du sans-fil et de l’océan Atlantique. Sur le trajet entre son hôtel et le lieu de la compétition, à Atlanta, le double vainqueur de l’épreuve valaisanne se raconte. De la série Netflix sur le golf où il apparaît à sa surprenante manie de consigner tous ses coups dans de petits cahiers depuis l’adolescence.

Quand on recherche votre nom sur internet, on tombe sur votre «clash» avec un adversaire lors d’un tournoi aux États-Unis. Provoquer, c’est courant dans le golf?

Vous parlez de Viktor Hovland la semaine dernière (il éclate de rire). C’est vrai que je l’ai insulté après sa victoire (ndlr: le Norvégien a effectué une remontada extraordinaire à Olympia Fields pour devancer Matt Fitzpatrick). Cela arrive parfois, mais surtout chez les Européens. Tout le monde se connaît assez bien sur ce circuit, et c’est pour cela que beaucoup de blagues circulent parmi les golfeurs. Par contre, je ne vais pas m’amuser à chambrer des personnes du PGA Tour, parce que je connais moins les personnes qui évoluent aux États-Unis.

Cela casse l’image du golf «coincé» qui reste dans l’imaginaire collectif…

Je ne pense pas que le golf corresponde à cette image. Le milieu se montre de plus en plus détendu, peut-être grâce à l’arrivée de jeunes joueurs sur le circuit. Ils ont construit un bel environnement.

Comme la F1, le tennis ou le cyclisme, votre sport est aussi au cœur d’une série documentaire Netflix. L’un des épisodes de «Full Swing» vous est consacré. Vous en avez pensé quoi?

J’ai bien aimé la série. Je pense qu’ils ont réalisé un bon travail pour expliquer le monde du golf au grand public. Je n’ai pas regardé seulement mon épisode, les autres sont aussi très intéressants.

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Vous ne vous êtes donc pas senti trahi?

Non, au contraire. Je m’y suis reconnu, donc je dois dire que c’est plutôt bien fait (rires). Ce qui a aidé dans le processus, c’est que les équipes techniques m’ont rapidement mis à l’aise avec le fait d’être suivi par des caméras en permanence. Cela permet de rester soi-même.

Netflix vous présente comme «Matt le statisticien». Vous confirmez?

Pas vraiment. J’aimerais être aussi intelligent que cela (il rit encore). J’ai beaucoup appris du golf ces quatre à cinq dernières années. J’ai aussi compris comment je pouvais m’améliorer ou bien jouer. Et quand je parviens effectivement à réussir mes coups, j’essaie toujours de savoir pourquoi. C’est une part de ma personnalité, de mon approche sportive. Mais je sais que cela perturbe certaines personnes.

On apprend dans cette série que vous consignez chaque coup réalisé depuis que vous avez 15 ans. Pourquoi?

Il me fallait un outil pour savoir quelles parties de mon jeu je dois travailler. Je ne note pas seulement les mauvais coups, mais aussi chacun des petits détails qui peuvent être améliorés. J’ai besoin d’avoir des informations précises pour éviter de gaspiller mon temps. Si mon drive n’est pas bon, je vais l’entraîner en priorité. C’est cela que j’avais en tête en commençant ces carnets.

Il n’y a pas un risque de se perdre dans toutes ces informations?

Pas du tout! Je comprends à chaque fois ce que je dois bosser de manière plus urgente. En plus, j’en discute avec mes coaches qui ont aussi leur mot à dire sur le déroulement des entraînements. C’est un processus assez chouette et cela m’a toujours aidé à élever mon jeu.

Vous relisez vraiment ces fameux carnets?

Oui, je les relis assez régulièrement. Je pense qu’un joueur se doit de connaître en profondeur son propre jeu, et revoir ces notes me permet de mieux comprendre la manière dont j’évolue.

Ces données brutes vous donnent d’autres informations que celles que vous donnent votre entourage ou les autres golfeurs?

Il y a toujours quelques différences par rapport à ce que me disent les gens. Je trouve à chaque reprise une ou deux choses que je dois affiner. Lorsque je commence à les cibler, je regarde l’évolution après deux semaines. Puis quatre semaines plus tard. Il y a toujours des nouveautés, et c’est très difficile de tout gérer. C’est pour cela que c’est important d’avoir des entraîneurs qui aident à cibler les priorités.

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Qu’est-ce qui est le plus difficile à travailler, selon vous?

Changer son swing en plein tournoi, c’est vraiment quelque chose de compliqué. Chaque golfeur a envie de bien jouer, mais d’un autre côté, il faut du temps pour que les changements opèrent. Parfois, il faut accepter de patienter plusieurs semaines pour pouvoir être plus efficace par la suite. Ce n’est pas un processus qui se fait du jour au lendemain.

Ce flegme ne vous met pas à l’abri de rater un coup. Comment gérer la frustration?

Il faut comprendre qu’échouer fait partie du jeu. Vous n’allez pas toujours bien jouer. Vous pouvez avoir des mauvaises parties, puis enchaîner et retrouver une excellente forme. La clé, c’est de continuer à s’entraîner et de jamais abandonner. Souvent, vous avez un plan, et vous devez vous y tenir. C’est ça qui est important.

La semaine prochaine, vous jouerez à Crans-Montana. Qu’attendre du tournoi?

J’ai regardé les prévisions météorologiques, ils annoncent des températures assez basses, non? En tout cas, je me réjouis d’y être, j’adore jouer sur ce parcours. Il est spécial pour moi (ndlr: Matt Fitzpatrick a remporté les éditions de 2017 et 2018).

À quel point avez-vous changé depuis votre dernière venue à Crans-Montana il y a quatre ans?

Je pense que je suis très différent, beaucoup de choses ont changé dans ma vie depuis 2019. C’est fou d’imaginer que c’était il y a presque quatre ans. Je sens que je suis un meilleur joueur qu’à l’époque.

Cette fois-ci, votre petit frère Alex participera aussi. Vous vous retrouvez «opposés» sur les mêmes parcours?

Ces derniers temps, cela arrive de plus en plus. Il a amélioré son jeu, ce qui lui a permis de se qualifier pour plusieurs tournois. Être ensemble à Crans-Montana, c’est sûr que ça va être réjouissant pour la famille.

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Allez-vous lui donner des conseils?

Même si Alex écoute parfois mes conseils, ce n’est pas toujours le cas. De toute manière, mon frère joue bien ces temps, donc je n’ai pas besoin d’aider.

Votre victoire lors de l’US Open 2022 vous a-t-elle libéré?

Absolument. Cette victoire dans un tournoi majeur a été un accomplissement, tous mes efforts ont finalement payé. Gagner un événement de cette envergure représente forcément quelque chose d’exceptionnel, la joie était indescriptible. C’est difficile de faire mieux que cela.

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