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ÉditorialLa Suisse doit investir pour le climat

La révision de la loi sur le CO₂ passera par des actes courageux et des taxes impopulaires. Mais le jeu en vaut la chandelle.

C’est écrit en toutes lettres dans la loi fédérale sur le CO₂, version 2011: «D’ici à 2020, les émissions de gaz à effet de serre réalisées en Suisse doivent être globalement réduites de 20% par rapport à 1990.» Or le dernier bilan disponible montre que la réduction effective n’était que de 14%. Si les ménages et l’industrie sont parvenus à atténuer leur impact environnemental, le secteur des transports génère aujourd’hui davantage de pollution qu’il y a trente ans. Berne l’admet sans détour, nous allons manquer notre objectif climatique national.

C’est dire si le défi posé aujourd’hui est immense. La révision de cette même loi vise une réduction de moitié des rejets de CO₂ par rapport à 1990. Pour cela, la baisse devra atteindre 35% entre 2021 et 2030. Autant dire demain.

Investir dans les technologies de la transition énergétique profitera à tous

Qu’y a-t-il dans ce plan d’urgence? Quelques mesures courageuses, comme celle concernant l’assainissement énergétique des bâtiments: la valeur limite d’émission prévue en cas de remplacement du système de chauffage rendra presque impossible le recours aux combustibles fossiles. Un vrai changement de cap, puisque deux immeubles sur trois sont encore chauffés au mazout en Suisse.

Le hic, c’est que le projet soumis au Conseil national contient aussi des taxes qui risquent fort d’être impopulaires. Celle sur les billets d’avion, mais aussi la hausse programmée du prix de l’essence. Une fois la loi sous toit, sa contestation par voie de référendum ne fait aucun doute. Il va donc falloir patienter avant de mettre en œuvre les nouveaux instruments de lutte contre le réchauffement.

Mais la Suisse doit se donner les moyens, cette fois, de réaliser son ambition. Investir dans les technologies de la transition énergétique profitera à tous et sera rentable.