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Portrait de KT GoriqueLa surdouée hip-hop a fait de sa vie un jeu de mots

Championne du monde d’impro rap, la Valaisanne impose en Europe son style et son nom. Un deuxième album vient de sortir, il donne un coup d’accélérateur à un parcours digne de respect

KT Gorique: «Il faut avoir l’esprit en mode Mohammed Ali: rester constamment focalisé sur le but à atteindre, sinon on meurt de trouille.»
KT Gorique: «Il faut avoir l’esprit en mode Mohammed Ali: rester constamment focalisé sur le but à atteindre, sinon on meurt de trouille.»

«Si je décide de ne pas m’arrêter, ça peut durer super longtemps.» Une heure dix-sept minutes, en l’occurrence. Qu’elle tienne en main un micro ou un verre de jus d’abricot, KT Gorique fait honneur à son blason: elle cause avec une faconde assurée, amusée, tonique… catégorique. Rarement un calembour aura trouvé meilleur surnom, et réciproquement. La mise en garde, cela dit, valait moins pour sa capacité à faire durer l’interview que pour sa fringale d’improvisation, talent si indiscutable que la Valaisanne fut couronnée «championne du monde de freestlye» en 2012, à New York. La nouvelle, à l’époque, avait en soi suffisamment d’insolite pour que l’attention des médias, puis du public, se porte sur cette jeune fille de tout juste 20 ans, élevée aux trépidations du rap, du reggae et des musiques africaines, entre sa Côte d’Ivoire natale et sa ville d’adoption de Martigny. On devinait une téméraire, capable d’aller chatouiller sur leur terrain de Brooklyn, et en français dans le texte, les inventeurs du genre. Huit ans et deux albums, plus tard, on découvre que le culot compte peu face à l’assurance quasi mystique que KT Gorique place dans sa vie et sa musique.

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