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Industrie du spectacle«Remboursez!»: le mot qui fait peur

Depuis neuf mois que son activité est en berne, le secteur du live joue la carte de l’ajournement. Mais la crise qui dure pourrait multiplier les annulations et contraindre au remboursement, au risque de vider les trésoreries. Le public restera-t-il solidaire?

Rien que chez Ticketcorner, les billets pour 434 dates reportées de spectacles sont à ce jour en suspension. Si toutes devaient être remboursées suite à une cascade d’annulations, le secteur n’y survivrait pas.
Rien que chez Ticketcorner, les billets pour 434 dates reportées de spectacles sont à ce jour en suspension. Si toutes devaient être remboursées suite à une cascade d’annulations, le secteur n’y survivrait pas.
Getty Images

Jusqu’où résiste un élastique avant de claquer entre les doigts? L’image donne des sueurs froides à une profession déjà puissamment abîmée par la crise sanitaire: de reports en ajournements, l’industrie du live regarde s’étirer les mois sans activité, avec l’angoisse qu’à l’absence de rentrées financières ne s’ajoute l’obligation de rembourser la masse de billets achetés pour des spectacles prévus en 2020, désormais repoussés en 2021, voire en 2022. La première vague a pu compter sur l’optimisme général d’un retour rapide à la normale, donc d’un décalage de quelques mois de l’agenda musical, théâtral ou humoristique – Paléo et la plupart des grands festivals avaient même développé le concept du «copier-coller» de leur programmation 2020 pour leur édition 2021. La deuxième vague, et les suivantes éventuelles, a rendu caduques ces stratégies et bien moins solides les espoirs de savourer bientôt le spectacle dont on a le ticket en poche.

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