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Covid-19La vaccination obligatoire est une question «délicate», estime une bioéthicienne

La médecin et bioéthicienne Samia Hurst-Majno, vice-présidente de la task force Covid-19 du Conseil fédéral, considère que la vaccination obligatoire est «une question de droit des personnes».

Les premières vaccinations contre le Covid-19 ont commencé il y a quelques jours en Suisse (archives).
Les premières vaccinations contre le Covid-19 ont commencé il y a quelques jours en Suisse (archives).
KEYSTONE/AP/Philippe Desmazes

L’idée de rendre la vaccination contre le coronavirus obligatoire pour accéder à certains services est attrayante, mais c’est une question délicate, estime la médecin bioéthicienne Samia Hurst-Majno. La définition des différents cas est en train d’être étudiée.

«L’accès à des prestations publiques est garanti» par la loi et ne peut être restreint, assure la vice-présidente de la task force Covid-19 du Conseil fédéral dans un entretien diffusé mercredi par plusieurs journaux romands. «En revanche, l’accès à des prestations privées ne l’est pas. Si l’État voulait empêcher que les acteurs privés agissent de manière différenciée avec les personnes, il faudrait légiférer», ajoute-t-elle.

La directrice de l’institut «éthique histoire humanités» à l’Université de Genève remarque cependant qu’il y a des limites à la liberté de contracter, notamment «le fait que la prestation réponde à un besoin fondamental». «Si tous les magasins d’alimentation demandaient d’être vacciné pour faire ses courses, nous aurions un problème», relève-t-elle.

Deux scénarios de sortie de crise

À l’opposé, il sera plus difficile d’empêcher une compagnie aérienne d’imposer la vaccination pour prendre l’avion, constate-t-elle. «Les États ont le droit de demander la preuve d’une vaccination contre une maladie comme condition d’entrée».

L’organisation de grands événements se trouve entre deux, poursuit-elle. «C’est une question de droit des personnes, délicate». La commission nationale d’éthique se penche actuellement sur ces aspects-là, selon elle.

Samia Hurst-Majno voit deux scénarios de sortie de la crise liée à la pandémie, qui seront déterminés par «le degré d’acceptation de la vaccination dans la population». Si une part suffisante de la population accepte de se faire vacciner pour que le système de santé ne soit plus en danger, «tout pourra rouvrir».

«Dans le scénario pessimiste, le taux de population qui accepte de se faire vacciner n’atteint pas les paramètres voulus», précise-t-elle. Le risque de submerger le système de santé subsistant, «il faudra maintenir les mesures» de restrictions.

ATS/NXP