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Nouveau romanLa Vaudoise Emmanuelle Ryser retrace la traversée d’un deuil

Dans sa première fiction, «Le cake au citron», la Lausannoise spécialiste des récits de vie raconte avec précision, tendresse et sans larmoiements la perte d’une mère.

Emmanuelle Ryser est spécialiste des récits de vie. «Le cake au citron» est son premier roman.
Emmanuelle Ryser est spécialiste des récits de vie. «Le cake au citron» est son premier roman.
Michel Krafft

Avant de commencer «Le cake au citron», on imagine une douceur qu’on savoure avec un thé, un après-midi de mauvais temps. Surprise, le roman traite du deuil. Une quadragénaire, à laquelle l’auteure s’adresse en utilisant le «tu», perd sa mère. Comme elle est la première dans son cercle d’amies confrontée à cette épreuve, les autres peinent à comprendre ce chagrin aussi abyssal que durable chez celle qui est par ailleurs une mère de famille entourée par ses jumelles et son mari.

Emmanuelle Ryser, qui avoue «ne jamais faire les choses à moitié», s’est inspirée de son expérience personnelle: «J’ai toujours écrit pour moi avant d’animer des ateliers d’écritures et de rédiger des récits de vie. Quand ma mère est décédée, j’ai pris des notes e, cinq ans après, j’ai eu envie de les retravailler pour en faire une autofiction.»

«Quand ma mère est décédée, j’ai pris des notes et, cinq ans après, j’ai eu envie de les retravailler pour en faire une autofiction»

Emmanuelle Ryser, auteure du livre «Le cake au citron»

La Lausannoise y évoque la traversée du deuil, mais aussi ce difficile accompagnement des derniers jours à l’hôpital, qui se termine par la scène tragicomique d’une veillée dans une petite pièce servant à entreposer du matériel, pour libérer de la place dans le service. Si d’autres détails ont été modifiés ou amplifiés à des fins narratives, «ça, c’est tout à fait véridique», détaille l’auteure au téléphone.

L’aide viendra de là où l’héroïne ne l’attend pas. De la voisine Maïté qui, au lieu de lui écrire un message comme tant d’autres, vient lui apporter un cake au citron. Parfaite métaphore de l’existence, le cake au citron mélange «l’acide et le sucré, comme la vie mélange le malheur et le bonheur». Mais, pour retrouver la joie, il serait bien illusoire de faire l’économie du processus de deuil.

Une recette en prime

Si le sujet est douloureux, l’écriture dédramatise, avec de petites touches d’humour, d’autodérision ou des situations inattendues, comme cette drôle de collection laissée par la mère de l’héroïne: des annonces mortuaires de tous bords, qu’un véritable réseau de rabatteurs lui faisait parvenir, avec, à la clé, une rencontre improbable.

Si le roman est estampillé «feel good book» par la toute nouvelle maison d’édition lausannoise Lemart, qui publie le texte, Emmanuelle Ryser a juste souhaité proposer un objet littéraire sur un thème délicat. «Lorsque j’étais en deuil, ce sont les fictions qui m’ont le plus aidée.» Avec, en prime, sa recette personnelle du cake au citron.