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L’invitéLa Ville de Lausanne doit-elle changer de cap?

Fabrice Moscheni décortique les statistiques fédérales concernant la capitale vaudoise.

La Ville de Lausanne est dirigée depuis près de trente ans par la gauche. Après une gestion sans partage, la capitale vaudoise est-elle à la croisée des chemins?

Aujourd’hui, alors que nous sortons de plus de dix ans de croissance économique, la dette de la Ville, en tenant compte des engagements envers la Caisse de pensions, est de 30’000 francs par Lausannois, ce qui est à peu près identique à la dette par habitant de la Grèce. L’Office fédéral de la statistique (OFS), dans ses statistiques des chefs-lieux de cantons, place Lausanne bonne dernière en termes de bilan.

«La classe moyenne paye deux à trois fois plus d’impôts à Lausanne qu’à Genève.»

On pourrait penser que la dette est haute car les impôts sont trop bas. C’est en fait le contraire: la classe moyenne paye deux à trois fois plus d’impôts à Lausanne qu’à Genève. En sus, lors de ces dernières années, la fiscalité indirecte a fortement crû pour un total estimé à 15 millions, équivalent à trois points d’impôts.

La Municipalité actuelle, et les partis de gauche dont elle est issue, nous expliquent que la forte fiscalité et la dette importante permettent de donner des prestations de qualité à la population. Cette affirmation est contredite par le rapport «City Statistics» publié par l’OFS le 27 janvier 2021. La qualité de vie y est décrite comme moins bonne en Suisse romande qu’en Suisse Allemande. En particulier, Lausanne est la ville qui a le plus haut taux de chômage et le plus haut taux d’aide sociale, soit environ deux fois plus que Zurich.

Les faits ci-dessus doivent nous faire réfléchir sur le chemin suivi par Lausanne ces dernières années et si des changements majeurs ne devraient pas intervenir.

Un premier axe de réflexion est de rendre la Ville de Lausanne plus riche, sans augmenter la fiscalité. La méthode la plus évidente est d’avoir une activité économique plus importante, et donc plus d’emplois pour les Lausannoises et les Lausannois. Cela aurait le double bénéfice de faire baisser le taux de chômage, ainsi que peut-être le nombre de personne à l’aide sociale, tout en permettant à la Ville d’avoir plus de rentrées fiscales.

Pistes de réflexion

On peut par exemple se demander pourquoi l’entreprise Google a créé, ces quinze dernières années, plus de 4000 emplois à Zurich et ne s’est pas aussi installée à Lausanne, alors que Lausanne et Zurich sont les deux seules villes à avoir une École polytechnique fédérale (EPF).

Un deuxième axe de réflexion est de mieux maîtriser les charges et les investissements. Comment se fait-il que la construction d’une classe d’école à Lausanne coûte 1,9 million de francs alors qu’elle ne coûte que 1,5 million de francs à Zurich, que 1,2 million de francs dans le privé? On peut aussi se poser la question si un blocage du nombre de fonctionnaires de la Ville, y inclus les auxiliaires, ne serait pas une manière d’utiliser les ressources financières de manière plus efficiente.

Le rapport «City Statistics» est une occasion à ne pas manquer pour que Lausanne se confronte à la réalité des faits et puisse opérer un changement de cap nécessaire.

29 commentaires
    Gilles Hieron

    Confiez une ville florissante à des gens qui appliquent des mesures socialistes et en 30 ans vous finissez avec un désert économique. Cela s'appelle Détroit.

    Confiez un désert à un des gens qui appliquent des mesures économiques libérales et en 30 ans vous avez une ville florissante. C'a s'appelle Dubaï.

    Il y a environ 70 ans la ville d'Hiroshima était complètement rasée par une bombe atomique. Il y a environ 70 ans la révolution socialiste entrait à la Havanne. Prenez des photos de ces deux villes aujourd'hui et comparez. Conclusion? Aussi dingue que cela puisse paraître, il est plus facile de se remettre des dégâts d'une bombe atomique que de ceux du socialisme.