Passer au contenu principal

CoronavirusLes clubs romands réagissent au tour de vis du Conseil fédéral

Les stades et patinoires du pays ne pourront accueillir pas plus de 15 spectateurs. Le Conseil fédéral a annoncé ce mercredi l’interdiction des manifestations, notamment sportives et culturelles, réunissant plus de 50 personnes.

En février dernier, le championnat de hockey sur glace avait connu quelques matches à huis clos avant l’arrêt de la saison 2019-2020.
En février dernier, le championnat de hockey sur glace avait connu quelques matches à huis clos avant l’arrêt de la saison 2019-2020.
Keystone / Archive

Les annonces du Conseil fédéral, en ce mercredi 28 octobre, étaient attendues avec impatience. La conférence de presse, d’abord prévue à 14 h, a d’abord été repoussée de deux heures. C’est finalement peu après 16 h 15 que Simonetta Sommaruga, Alain Berset et Guy Parmelin ont pris la parole.

Concernant le monde du sport professionnel, la principale information concerne l’interdiction des manifestations réunissant plus de 50 personnes. Il a été précisé que 15 spectateurs seraient autorisés par rencontre dans tout le pays.

Depuis la semaine dernière, les Cantons romands avaient déjà serré la vis. Le Valais avait notamment dicté le huis clos pour ses clubs professionnels.

Le sport amateur, dans les disciplines impliquant des contacts, est par ailleurs interdit en Suisse.

La ligue de football veut maintenir la compétition

«La SFL est consciente qu’il faut accorder la priorité absolue à la réduction du nombre de nouvelles infections et à l’allégement de la charge du système de santé, a déclaré la ligue suisse de football dans un communiqué de presse. Cependant, cette décision a d’énormes effets négatifs sur la situation financière des clubs. La Ligue mettra tout en œuvre pour maintenir la compétition.»

La ligue nationale a notamment averti que plusieurs formations risquaient de disparaître à l’avenir si de telles mesures devaient se prolonger sur la durée. «À moyen terme, les clubs devront toutefois impérativement compter sur la possibilité de rejouer les matches devant du public. Une interdiction prolongée des grands événements est une menace existentielle pour les clubs.»

«Une interruption du championnat aurait des conséquences pires encore»

Vincent Steinmann, directeur commercial du LS
Keystone / Archive

«Vu l’accroissement des cas, nous nous attendions à ce type de mesure, a reconnu Vincent Steinmann, directeur commercial du Lausanne-Sport. Même si nous sommes pleinement conscients de l’ampleur que prend cette nouvelle pandémie, nous espérions quand même que le football et le hockey bénéficieraient de mesures un peu plus souples. Nous aurions préféré jouer devant 1000 personnes que ce huis clos. Parce que nous avions consenti de gros efforts pour assurer au maximum la sécurité des spectateurs dans nos enceintes. Mais en ce qui nous concerne, nous voulons que la compétition se poursuive car une interruption du championnat aurait des conséquences pires encore en mettant en péril tout notre système. A ma connaissance, on continue d'ailleurs aussi de jouer partout en Europe. Mais à ce sujet, chacun peut avoir une opinion différente bien sûr.»

«Servette est prêt à jouer à huis clos»

Loïc Luscher, responsable communication du SFC
Keystone / Archive

«Nous nous attendions à cette annonce et Servette est prêt à jouer à huis clos, a assuré Loïc Luscher, responsable communication du club. Il faut que la compétition continue. Maintenant, tous les clubs sportifs professionnels de football et de hockey vont avoir besoin à court terme d’une aide de la confédération. Cette annonce a bien entendu une répercussion sur nos supporters qui se voient ainsi encore plus coupés de leur équipe favorite. Le Servette FC informera ses fidèles abonnés sur les différentes démarches de remboursement lorsqu’il aura une meilleure visibilité sur une éventuelle reprise ou non du championnat avec un public plus nombreux.»

«Le huis clos est insupportable pour les finances des clubs»

Christian Constantin, président du FC Sion
Keystone / Archive

«Nos recettes sont réduites à néant, a résumé Christian Constantin, président du FC Sion. Je ne vois pas comment on peut poursuivre le championnat dans de telles conditions. Le bon sens voudrait qu’on interrompe les compétitions en attendant d’y voir un peu plus clair. Je suis un montagnard et pour moi, quand on est dans le brouillard, on stoppe tout en attendant qu’on puisse y voir clair. Et qu’est-ce que décidera la Ligue lorsque six équipes seront en quarantaine? Non, une interruption des championnats jusqu’à Noël me semble d’autant plus logique et sage que les solutions existent. Au printemps, on aura assez de temps pour terminer le championnat. Et puis, quel sens cela a-t-il de voir des footballeurs courir après un ballon pendant que les hôpitaux se remplissent pour soigner des gens qui souffrent.C’est de la folie. Mais avoir raison tout seul, ça fait pas beaucoup de monde.»

Le hockey veut retrouver ses spectateurs

Dans la foulée, la ligue de hockey a également pris position par communiqué de presse. «La priorité absolue est désormais de préserver le hockey suisse, sa structure professionnelle et le plus grand nombre d’emplois, a notamment affirmé la SIHF. C’est pourquoi il est essentiel que les matches puissent être rejoués le plus rapidement possible devant les spectateurs.»

«Pour éviter les faillites à court terme, les clubs doivent impérativement être soutenus par une aide financière d’urgence et la possibilité d’une compensation en cas de réduction du taux de travail», poursuit le communiqué de la SIHF.

«Nous avons recommandé à la Ligue de suspendre le championnat»

Patrick de Preux, président du LHC
Keystone / Archive

«Sans aide financière à fonds perdu, il n’est pas pensable de jouer à huis clos, a affirmé Patrick de Preux, président du LHC. Lausanne est incohérent parce qu’il se plaint et que dans le même temps il vient d’engager de nouveaux joueurs? Notre budget n’est pas plus élevé que celui de la saison passée. Et puis, nous avions un modèle basé sur une affluence de 5300 spectateurs à la Vaudoise aréna, avec des pertes financières que nous étions prêts à accepter. Mais jouer à huis clos, c’est doubler la perte. C’est invivable. Nous avons recommandé à la Ligue de suspendre le championnat

«A l’heure actuelle, on ne fait que bricoler le calendrier»

Raphaël Berger, directeur général de Fribourg Gottéron
Keystone / Archive

«Nous allons avoir une discussion entre dirigeants de clubs dans la soirée, s’est projeté Raphaël Berger, directeur général de Fribourg Gottéron. Il y en aura d’autres durant les prochains jours jusqu’à une prise de décision. Aujourd’hui, la seule chose qui est claire, c’est que nous allons jouer jusqu’à dimanche. Nous avons du temps devant nous pour nous prononcer. Le premier match après la pause internationale est agendé au 10 novembre.»

«Continuer à jouer à huis clos ou suspendre le championnat. Les deux options ont des avantages et des inconvénients. Si on opte pour une interruption, il faut de la visibilité à moyen terme. Aujourd’hui, plusieurs points sont peu clairs, dont la durée des mesures annoncées. Et puis, on ne pourrait pas avoir recours aux RHT durant le laps de temps où on déciderait de mettre en pause la saison. Guy Parmelin a été clair sur ce sujet: cela ne s’appliquera pas dans le cas des contrats de travail à durée déterminée, en vigueur dans le sport professionnel. Dans le même temps, continuer à jouer à huis clos ne ferait qu’accentuer le préjudice et une interruption pourrait nous permettrait de fournir nos prestations plus tard. C’est complexe, il y a plusieurs inconnues.»

«Autre argument à mettre dans la balance: les cas positifs dans les équipes. Un jour ou l’autre, tout le monde pourrait bien avoir passé par la case quarantaine. Et à l’heure actuelle, on ne fait que bricoler le calendrier.»

«Il faut continuer à jouer, même à huis clos»

Laurent Strawson, président de Genève-Servette
Keystone / Archive

«Il n’y a eu aucune surprise. C’est exactement ce qui avait fuité depuis quelques jours. On prend acte de cette décision et on va vivre avec en essayant de nous en sortir le plus vite possible. Il faut continuer à jouer, même à huis clos. S’il faut bien sûr trouver des moyens financiers pour finir cette saison, l’aspect sportif ne doit pas être mis de côté. On doit aussi penser aux athlètes qui font leur métier et qui s'entraînent dur pour être performants. Maintenant, un prêt de la confédération devient indispensable et urgent car on ne sait pas jusqu'à quand cela va durer. Toutes nos sources de revenus, que ce soit nos abonnés ou nos partenaires sont aujourd’hui définitivement taries. Selon l’évolution de la saison, si on doit jouer plusieurs semaines sans public, il va peut-être falloir rembourser une grande partie d’entre eux. Toutes ces questions se posent et nous inquiètent. Avec les onze autres clubs de la Ligue, on va se rencontrer pour savoir ce qu’on veut faire car on doit tous être sur la même ligne et aller dans la même direction. Chacun doit prendre position mais il faut éviter l’effet domino, qu’un club sorte du rail et fasse les choses de son côté.»

Sport-Center

5 commentaires
    BM

    Quand je vois les investissements faits pour la construction de stades et patinoires prévus pour x milliers de spectateurs j’ai de la peine à comprendre la limitation à 50 personnes. La distanciation serait pourtant aisée à faire respecter.