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Relance économiqueL’action de QoQa a généré pour 12 millions d’achats en un mois

Au tiers de sa durée, l’opération welQome a utilisé les 29% du fonds de soutien accordé par le Canton. Le patron de la société de vente en ligne juge ce décollage excellent.

Directeur de QoQa, Pascal Meyer juge le décollage de l’opération welQome excellent.
Directeur de QoQa, Pascal Meyer juge le décollage de l’opération welQome excellent.
KEYSTONE

Il y a tout juste un mois, le Canton s’associait avec QoQa pour apporter un ballon d’oxygène à l’industrie d’un tourisme vaudois mis à mal par le Covid-19. Rarement, sans doute jamais, un plan de relance vaudois n’avait été mis en place si rapidement. Et ce n’est pas le directeur de la société de vente en ligne installée à Bussigny qui dira le contraire: «J’ai toujours été assez critique avec les politiques, mais là nous avons réussi à monter cette opération en un mois, je n’y croyais pas», relevait alors Pascal Meyer. Mais si elle a été mise sur pied aussi vite que possible, l’opération semble décoller gentiment: en trente jours – soit au tiers de sa durée – 29% du fonds de soutien de 15 millions injecté par l’État a été distribué aux commerçants participant à l’action. Vous avez dit un peu plus lentement que nécessaire? Pas si vite, répond le patron de QoQa.

«L’offre proposée par les commerçants ne cesse de croître»

Pascal Meyer, patron de QoQa

Il en faut en tout cas plus pour ébranler ce boss réputé pour son enthousiasme. «Aujourd’hui, les bons vendus représentent à peu près 12 millions de chiffre d’affaires pour les commerçants. C’est excellent, même mieux que DireQt, l’action que nous avions lancée au début de la pandémie.» Il se dit sûr que la communauté de 700’000 utilisateurs formée par QoQa va accentuer son rythme de consommation et que welQome épuisera le montant étatique disponible avant le délai officiellement prévu. «D’autant plus que le nombre d’offres proposées par les hôteliers, restaurateurs, viticulteurs et autres acteurs touristiques ne cesse de croître. Nous approchons les 1000. Et environ 20 partenaires ont déjà atteint le plafond auquel ils avaient droit.»

Pass pas assez vite délivrés

Le système est simple. Pour 100 francs de marchandises, le client paie 80 francs, le vendeur en touche 110 francs, le solde étant pris en charge par l’État. Parmi les utilisateurs, des critiques se sont néanmoins fait entendre. Ainsi, certains ont cherché à se défaire des pass ExQursions qu’ils venaient d’acquérir. La raison? Contrairement aux bons proposés par ce partenariat public-privé, cette carte journalière à 23 francs (au lieu de 70 francs) valable sur la plupart des transports publics du canton ne peut pas être actionnée directement. «Il faut compter quarante-huit heures pour la recevoir. Et quand la météo est incertaine, ça peut être problématique», explique un acheteur. «Je le comprends, répond Pascal Meyer. C’est un problème d’ordre technique chez nos partenaires qui en est la cause. Nous essayons de livrer ces titres de transport dans les vingt-quatre heures.»

Dans le milieu de la viticulture, des observateurs relèvent que le programme welQome saute à pieds joints par-dessus les intermédiaires. Le système permet en effet aux restaurateurs de se fournir directement chez les producteurs, à meilleur compte grâce aux bons qu’ils ont le droit de se procurer. Chez QoQa on assume ce que l’on considère comme un effet de bord auquel on n’avait pas pensé. «Il ne faut pas oublier que pour les intermédiaires, le vin vaudois n’est qu’une petite partie du business. Et ceux qui ont le plus morflé, ce sont les restaurateurs et les vignerons, alors s’ils peuvent en profiter au maximum, tant mieux», reprend Pascal Meyer.

Ces derniers ne vont en tout cas pas cracher dans la soupe. «J’étais un peu dubitatif au départ. Mais ça fonctionne «au piccolo», une fois par semaine on nous verse le montant que doivent nous rapporter les bons utilisés pour nos produits. En début de semaine, il y en a environ 180 qui avaient été activés chez moi», relève Pierre-Luc Leyvraz, vigneron à Chexbres. Et le tiers d’entre eux par de nouveaux clients qui jouent aussi la carte de la solidarité.

Ce sentiment semble du reste partagé par certains intermédiaires qui considèrent la formule plutôt bonne pour redynamiser un secteur déjà à la peine avant la pandémie. Et même s’ils ne font pas directement partie de l’équation. «Solidaire, il faut l’être. Et puis, rien ne nous empêche d’acheter du vin aux vignerons avec les bons qu’on peut acquérir comme toute personne», sourit Didier Mosca, codirecteur de Mosca Vins.

4 commentaires
    César Gavin

    C'est bien ,mais comment fait on quand on a pas les 80 frs pour acheter le bon de 100 frs ,encore une fois seul ceux qui on les moyens peuvent profiter des largesses de l'Etat