AboDéparts en vacancesL’aéroport de Genève se prépare à un été de tous les défis
Alors que Cointrin accueillera 3,08 millions de passagers entre juillet et août, les prochains mois s’annoncent très incertains pour le trafic aérien.

Cet été, le personnel de Genève Aéroport ne va pas chômer. Selon la direction, 3,08 millions de passagers vont transiter par Cointrin pour se rendre en vacances. Au plus fort de la saison estivale, l’aéroport pourrait même accueillir plus de 50’000 voyageurs par jour. Pour faire face à cet afflux important, la direction et les diverses compagnies aériennes indiquent avoir pris plusieurs mesures.
En tout, 44 compagnies proposeront des vols vers 120 destinations à travers le globe. Certains pays comme la Bulgarie, l’Arabie saoudite ou l’Algérie connaissent une forte croissance de passagers au départ de Genève. «Nous allons dépasser le palier de 1,5 million de passagers par mois, explique André Schneider, directeur de Genève Aéroport. L’affluence moyenne a augmenté de 8% par rapport à 2022.»
Demande supérieure à l’offre
L’affluence sera forte, mais toujours inférieure aux niveaux pré-Covid. Plusieurs dizaines de milliers de passagers manquent à l’appel. Les Suisses renonceraient-ils à l’avion par souci financier ou écologique? «En fait, c’est presque l’inverse, répond le directeur. La demande est extrêmement forte, certains avions sont remplis à 97%, ce qui est très dense. Mais l’offre n’arrive pas à suivre.»
En cause: la difficulté pour les compagnies à entretenir et étendre leur flotte. «Nous avons entre six et huit machines au sol, car leurs moteurs sont en réparation, avance Romain Vetter, directeur de Swiss pour la Suisse romande. Mais pour ce faire, nous avons besoin de nouveaux matériaux qui n’arrivent pas. Cela réduit sensiblement nos capacités.»
Ce manque de liaisons aériennes est bon pour le climat, mais pas pour le porte-monnaie. «Les compagnies fonctionnent un peu comme les hôtels: plus il y a de demande pour un vol, plus les prix grimperont», résume André Schneider.
Incertitude dans les airs
Cette forte demande s’accompagne de nombreuses incertitudes concernant le trafic aérien. «Plusieurs défis se posent à nous. Plusieurs centres de contrôle aérien manquent d’employés, ce qui entraîne des surcharges dans les voies aériennes», détaille le directeur. Le climat social tendu en France ainsi que les divers blocages par des activistes pour le climat renforcent cette incertitude.
«La guerre en Ukraine a aussi un fort impact sur les capacités de l’espace aérien, ajoute-t-il. La densité du trafic est plus forte au-dessus de l’Allemagne ainsi qu’au sud-est de l’Europe depuis le début du conflit.» Enfin, la météo pourrait également faire des siennes, avec des orages estivaux causant des retards pour les avions.
Pour faire face à ces difficultés, les compagnies aériennes ont renforcé leurs équipes. Soixante collaborateurs supplémentaires seront embauchés par Swiss dans les mois à venir. «Nous avons aussi planifié notre programme de vol de manière conservatrice, ce qui nous permet de réagir à d’éventuels impondérables», ajoute Romain Vetter. La compagnie helvétique ne volera donc qu’à 90% de sa capacité. Du côté d’Easyjet, 117 postes de membres d’équipage vont être ouverts à Genève.
Équipes au sol renforcées
Les équipages au sol feront aussi face à leur lot de difficultés. Le risque est de se retrouver avec de trop nombreux bagages égarés à trier, comme en 2022, où des voyageurs avaient attendu des jours leurs valises perdues. Swissport et Dnata s’attendent d’ailleurs à devoir traiter un volume de colis proche ou supérieur à celui de 2019. «Dans ce genre de situation, nous sommes tributaires des retards pris par certains vols», rappelle Eva-Maria Kerner, directrice de Swissport Genève.
Pour éviter un fiasco, l’entreprise indique avoir engagé 110 collaborateurs supplémentaires. Une partie d’entre eux sera affectée au traitement des bagages en retard. Idem pour Dnata, qui mise aussi sur une plus grande souplesse. «Nous allons concentrer nos forces sur les départs du matin, annonce Alexandre Koenig, directeur commercial de Dnata Suisse. Car si du retard est pris à ce moment-là, cela a des conséquences sur tous les autres vols de la journée.»
Vont-ils également renforcer la sécurité autour du lieu de récupération des bagages perdus? L’année dernière, les contrôles laissaient à désirer. «Ils seront tout aussi stricts que pour les personnes attendant leurs bagages sur les tapis roulants. Chaque personne venant récupérer une valise égarée devra passer par un processus de vérification précis», répond André Schneider.
Vous avez trouvé une erreur?Merci de nous la signaler.















