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Litige LHC-PeltonenL’affaire se terminera devant un juge

Entre le Lausanne HC et les représentants de Ville Peltonen, les interprétations divergent au sujet des modalités de licenciement du coach finlandais.

Le licenciement de Ville Peltonen par le LHC n'a pas fini de faire parler de lui.
Le licenciement de Ville Peltonen par le LHC n'a pas fini de faire parler de lui.
Keystone

C’est désormais public. Le LHC est confronté à des poursuites qui concernent le licenciement de Ville Peltonen, intervenu fin février malgré un contrat valable jusqu’en 2022. «Avec son représentant (ndlr: Juho Sintonen), nous avons une compréhension différente du moyen de traiter la séparation», avait déclaré Patrick de Preux, mercredi, en marge de la conférence de presse de présentation du nouvel actionnariat du club vaudois.

Les interprétations divergent au sujet des modalités de licenciement du coach finlandais. Lausanne argue que Ville Peltonen a été «suspendu de ses activités d’entraîneur de la première équipe», selon les termes utilisés par le président du conseil d’administration, joint vendredi par téléphone. Quant à Juho Sintonen, il avance que le LHC s’est «séparé avec effet immédiat» de son client et s’appuie notamment sur le communiqué de presse envoyé par le club le 27 février pour le démontrer.

Le communiqué de presse du LHC du 27 février dernier.
Le communiqué de presse du LHC du 27 février dernier.
DR

La différence est loin d’être anodine. «Si vous suspendez un coach ou lui retirez la responsabilité de son équipe, le contrat subsiste et vous le payez mois après mois. En revanche, si vous le licenciez avec effet immédiat, la fin du contrat rend exigibles toutes les créances issues du contrat. En outre, vous devez lui verser une indemnité allant de un à six mois de salaire selon la grossièreté du licenciement», explique Alexandre Zen-Ruffinen, avocat spécialisé dans le droit du sport.

«Aucune faute grave»

Ce n’est pas que le LHC refuse de payer Ville Peltonen jusqu’au terme de son contrat - du moins tant qu’il ne trouve pas de nouvel employeur. C’est qu’il souhaite régler cette affaire en mensualités, là où la partie adverse se dit en droit de réclamer un seul versement, plus une indemnité pour licenciement abusif.

«Monsieur Peltonen a été privé avec effet immédiat du coaching de la première équipe, comme cela se pratique toujours en cas de changement d’entraîneur en cours de saison. En revanche, il avait été convenu d’honorer son contrat de travail, assure Christophe Piguet, l’avocat du club dans ce litige. Il ne s’agissait donc pas d’un renvoi pour juste motif. Le LHC n’avait du reste aucune faute grave au sens du droit du travail à lui reprocher. Je précise que des mauvais résultats sportifs ne constituent pas une faute grave. Du reste, Monsieur Peltonen n’a reçu aucune lettre de licenciement et il lui a été très clairement notifié qu’il allait continuer à toucher son salaire mensuellement. Ce qui est le cas.»

Licencié ce vendredi

Avocat de la partie adverse, Pierre Ducret donne sa version des faits. «Oui, Monsieur Peltonen a été informé qu’il allait continuer à toucher son salaire mensuellement. Mais seulement plusieurs semaines après son licenciement, après que le club a reçu un courrier de notre part réclamant le paiement des montants contractuellement dus. Le LHC est en plein rétropédalage. «You are fired» («Tu es viré»). C’est ce qui a été annoncé à mon client, avant qu’un communiqué de presse ne le confirme. Et puis, normalement, lorsqu’un club décide de remplacer un entraîneur avant la fin de son contrat, on s’accorde sur les modalités de départ. Là, il n’y a rien eu de cela. Pourtant, nous étions prêts à le faire. Le LHC essaie tellement de corriger le tir qu’il est allé jusqu’à reprocher à Monsieur Peltonen d’être déloyal en nous signifiant finalement un nouveau licenciement immédiat ce vendredi.»

Le litige se terminera en conciliation devant un juge.