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Affaire Mike Ben Peter
L’agent «pouce levé» a quitté la police en 2020 mais sera puni

L’image, qui serait issue d’un groupe WhatsApp rassemblant plusieurs policiers vaudois, a provoqué des accusations de racisme systémique.
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La RTS a diffusé une image qui a semé le trouble la veille du procès des policiers impliqués en février 2018 dans l’interpellation de Mike Ben Peter, Nigérian décédé le lendemain de son arrestation. Révélée le 11 juin dans «Mise au point», on y voit un policier au visage flouté prendre la pose, le pouce levé, devant un graffiti en hommage à «Mike». Cette photo était issue d’un groupe WhatsApp rassemblant plusieurs policiers. Le commandant de la police municipale de Lausanne, Olivier Botteron, avait reconnu l’uniforme lausannois et promis une enquête.

Le corps de police et la Ville ont communiqué lundi. Surprise: «La personne figurant sur cette photographie s’est annoncée spontanément. Il s’agit d’un ancien collaborateur du corps de police qui a quitté la profession en 2020. Il travaille actuellement dans un autre service de la Ville. Entendu dans le cadre d’un entretien de service, il a déclaré qu’il regrettait profondément son action et qu’il n’avait pas pris conscience de la portée de son geste et de l’impact émotionnel sur la famille et les proches de M. Mike Ben Peter ainsi que sur l’image négative pour la police en général et le corps lausannois en particulier.»

«Des comportements racistes ou discriminatoires n’ont pas leur place au sein du corps de police.»

Olivier Botteron, commandant de la police municipale de Lausanne, et Pierre-Antoine Hildbrand, municipal de la Sécurité

L’homme en cause n’est pas pour autant tiré d’affaire. Pierre-Antoine Hildbrand (PLR), municipal chargé de la Sécurité et de l’Économie, «a demandé qu’une procédure administrative soit entamée contre ce collaborateur, conformément au règlement du personnel de l’administration communale». L’élu n’en dit pas plus: «La procédure administrative a commencé. Nous en dirons davantage quand elle aura abouti.» Qui dit photo dit auteur. «Des investigations sont en cours afin d’identifier l’auteur du cliché», indique le communiqué. Pierre-Antoine Hildbrand précise que «cela fait partie de la procédure administrative».

Le municipal et le commandant Botteron «tiennent à rappeler que des comportements racistes ou discriminatoires n’ont pas leur place au sein du corps de police. Ils poursuivent systématiquement les cas qui sont portés à leur connaissance et dénoncent toutes les situations pénales à l’autorité compétente. En parallèle, de telles situations font systématiquement l’objet de l’ouverture d’une procédure administrative», ajoute le communiqué.

La question s’était posée au moment de l’apparition de ce cliché: la hiérarchie était-elle au courant de ce qui circulait sur le groupe WhatsApp mis en cause dans «Mise au point»? La réponse est négative: «À aucun moment le municipal ou le commandant, ou son état-major, n’ont eu connaissance de ces faits avant l’émission.»

Autres personnes impliquées?

Avocat de la famille de Mike Ben Peter, Me Simon Ntah commente: «Nous saluons la réaction rapide de la Ville, qui a engagé une enquête administrative et qui s’est positionnée clairement contre toute forme de comportement raciste.» Il rappelle toutefois que, selon l’émission «Mise au point», la photo problématique aurait été diffusée sur WhatsApp auprès de plusieurs membres des forces de l’ordre: «Il faudra que l’enquête administrative aille au bout des choses en identifiant aussi les personnes qui ont eu connaissance de cette photo et qui l’ont éventuellement commentée ou fait circuler. Le communiqué de la Ville indique que son existence n’était pas connue. S’il est vrai qu’il y avait plusieurs policiers sur ce fil WhatsApp et qu’aucun ne l’a signalé à sa hiérarchie, cela doit interpeller.»

L’homme de loi indique par ailleurs que la publication de cette photo pourrait être constitutive de diffamation. «Mes mandants feront valoir leurs droits et déposeront, cas échéant, une plainte pénale.»

«Il faut agir en profondeur»

Le conseiller communal socialiste lausannois Yusuf Kulmiye est déjà intervenu sur la question du racisme structurel, reconnu par un rapport de la Confédération en décembre 2022. En marge du procès engendré par la mort de Mike Ben Peter, il avait demandé l’abandon du plaquage ventral. «Je salue le fait que l’affaire de la photo a été prise au sérieux et que les autorités aient réagi assez rapidement», commente-t-il.

«Le racisme structurel est plus grave quand il se manifeste au sein du corps de police, car ce dernier est dépositaire de la force légale.»

Yusuf Kulmiye, conseiller communal lausannois (PS)

Mais selon lui, une action plus en profondeur est nécessaire. «Je regrette qu’on doive attendre que ce genre d’affaire sorte dans les médias pour agir. Un travail de fond doit avoir lieu. Le racisme structurel existe dans toutes les strates de la société. Mais c’est plus grave quand il se manifeste au sein du corps de police, car ce dernier est dépositaire de la force légale. Il faut maintenant aller plus loin, notamment en appliquant les mesures demandées comme l’arrêt du plaquage ventral, qui contribueront à combattre le racisme structurel.»

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