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IrakL’ambassade américaine visée à Bagdad

L’attaque de l’ambassade est survenue le jour où les Etats-Unis ont annoncé qu’ils allaient retirer 500 de leurs soldats en Irak pour ne laisser que 2500 soldats dans le pays.

Cette attaque est survenue le jour où les Etats-Unis ont annoncé qu’ils allaient retirer 500 de leurs soldats en Irak pour ne laisser que 2500 soldats dans le pays (archives).
Cette attaque est survenue le jour où les Etats-Unis ont annoncé qu’ils allaient retirer 500 de leurs soldats en Irak pour ne laisser que 2500 soldats dans le pays (archives).
KEYSTONE/AP/KARIM KADIM

Sept roquettes ont visé mardi soir l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad. Une attaque qui rompt plus d’un mois de trêve décrétée par les factions irakiennes pro-Iran et a tué une fillette.

Cette reprise des hostilités est intervenue au moment même où le nouveau ministre américain de la Défense par intérim, Christopher Miller, annonçait que les Etats-Unis allaient retirer 500 de leurs soldats en Irak pour n’en laisser que 2500 dans le pays.

Quatre projectiles se sont effectivement abattus dans la Zone verte où se trouve cette chancellerie, tandis que trois autres sont tombées dans des quartiers de Bagdad, tuant une fillette et blessant cinq civils, a précisé l’armée.

Explosions et éclairs

L’attaque, menée depuis un quartier de l’est de Bagdad de même source, a aussi eu lieu deux heures après un entretien téléphonique entre le premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi et le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo.

Les deux hommes ont notamment évoqué, selon le bureau de M. Kazimi, «l’avenir de la coopération entre l’Irak et la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis», déployée en 2014 en Irak pour combattre le groupe djihadiste Etat islamique (EI).

Un porte-parole de cette coalition a confirmé l’attaque de mardi soir à l’AFP, tout en refusant de commenter l’utilisation du système de défense antiroquettes américain C-RAM.

Trêve

Des dizaines de roquettes ont déjà visé la Zone verte de Bagdad où siège cette chancellerie, mais le système C-RAM n’est déclenché que lorsqu’elles menacent directement le complexe de l’ambassade.

Mardi soir, les machines de tir C-RAM sont entrées en action, ont constaté des journalistes de l’AFP dans le centre de Bagdad où de fortes explosions ont retenti tandis que des éclairs lumineux marbraient le ciel de la capitale irakienne.

A la mi-octobre, les factions pro-Iran en Irak avaient annoncé qu’elles n’attaqueraient plus l’ambassade américaine à condition que Washington annonce le retrait de toutes ses troupes d’ici à la fin de l’année.

«Occupants» américains

Cette trêve avait été annoncée sur fond de tensions diplomatiques aiguës à Bagdad. Peu avant, M. Pompeo avait lancé un ultimatum aux dirigeants irakiens: si les tirs de roquettes ne cessaient pas, Washington rappellerait purement et simplement l’ensemble de ses diplomates et soldats du pays.

Aujourd’hui encore, même après la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle américaine, des experts assurent que l’administration de Donald Trump a rassemblé tous les documents nécessaires pour procéder à une fermeture de l’ambassade à Bagdad.

Pour Washington, les près de 90 attaques notamment à la roquette ayant visé depuis un an son ambassade, des bases irakiennes abritant des soldats américains et des convois logistiques de sous-traitants irakiens travaillant pour l’armée américaine, sont le fait principalement des brigades du Hezbollah, la faction irakienne pro-Iran la plus radicale.

Plusieurs attaques ont été revendiquées par des groupuscules aux noms inconnus, des faux-nez des groupes pro-Iran, selon les experts. A chaque fois, ces groupes disent réclamer le départ des «occupants» américains, s’appuyant sur un vote du Parlement irakien.

En janvier, 48 heures après l’assassinat dans une attaque américaine du général iranien Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, les députés chiites irakiens avaient voté l’expulsion des 5200 militaires américains alors présents sur leur sol.

Le gouvernement de l’époque avait prétexté ne gérer que les affaires courantes et ne pas pouvoir en conséquence mettre en œuvre cette mesure immédiatement. Le cabinet de M. Kazimi, nommé en mai, plaide pour donner «trois ans» aux Américains pour quitter le territoire.

ATS/NXP