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Attaque dans la capitale irakienneL’ambassade américaine visée par des roquettes

Plusieurs missiles ont été tirés lundi en direction de l’ambassade des États-Unis à Bagdad mais ils n’ont pas atteint leur cible. Le département d’État a déclaré que les États-Unis tiennent l’Iran pour responsable.

Des attaques contre les intérêts occidentaux, et particulièrement américains, ont régulièrement lieu depuis fin 2019 en Irak. (Photo d’illustration)
Des attaques contre les intérêts occidentaux, et particulièrement américains, ont régulièrement lieu depuis fin 2019 en Irak. (Photo d’illustration)
AFP

Des roquettes ont été tirées lundi en direction de l’ambassade des États-Unis à Bagdad mais sont tombées à proximité, ont indiqué des sources de sécurité, la troisième attaque contre des intérêts occidentaux en Irak en une semaine.

Au moins deux roquettes sont tombées dans la Zone verte, qui abrite des institutions étatiques et des représentations diplomatiques, selon un communiqué des services de sécurité irakiens. Et au moins une roquette a touché le siège de la Sécurité nationale irakienne, situé à proximité de la mission diplomatique américaine, endommageant plusieurs voitures, a indiqué une source de sécurité à l’AFP.

La coalition internationale dirigée par les États-Unis, qui aide l’Irak à combattre le groupe djihadiste État islamique (EI), est déployée sur une base proche de l’ambassade américaine. «Il n’y a eu ni victime ni dégât» sur la base, a indiqué un porte-parole de la coalition, Wayne Marotto, sur Twitter.

Quartier ultrasécurisé

D’autres roquettes se sont écrasées dans les zones résidentielles situées autour de la Zone verte, un quartier ultrasécurisé. Un parking a été endommagé, a indiqué un témoin à l’AFP.

Les tirs de roquettes n’ont pas été revendiqués dans l’immédiat mais l’armée irakienne a indiqué avoir localisé le site de leur lancement dans un quartier du nord de Bagdad.

Des attaques contre les intérêts occidentaux, et particulièrement américains, ont régulièrement lieu depuis fin 2019 en Irak. Des responsables américains et irakiens accusent des groupes pro-Iran d’en être responsable.

«L’Iran pour responsable»

Quelques heures après les tirs, le département d’État a déclaré que les États-Unis tiendraient «l’Iran pour responsable des actions de ses affidés qui attaquent des Américains» en Irak.

La République islamique d’Iran et les États-Unis, des ennemis jurés, sont des puissances agissantes en Irak.

Samedi, des roquettes ont visé la base aérienne de Balad, au nord de Bagdad, où les forces irakiennes stockent des avions F-16, blessant au moins un employé irakien d’une entreprise américaine en charge de la maintenance des appareils, selon des sources de sécurité.

Troupes étrangères

Le 15 février, une salve de roquettes a frappé une base militaire accueillant des troupes étrangères dans l’aéroport d’Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan dans le nord de l’Irak. Un entrepreneur civil étranger travaillant avec la coalition anti-djihadiste a été tué et neuf personnes ont été blessées.

D’autres roquettes ont frappé le même jour tout le nord-ouest de la ville d’Erbil, y compris des quartiers résidentiels, où elles ont blessé cinq civils, dont l’un a succombé lundi.

Il s’agissait de la première attaque de ce type depuis près de deux mois contre des installations militaires ou diplomatiques occidentales en Irak, après des dizaines d’attaques similaires l’an dernier attribuées à des groupes chiites pro-Iran.

Forces américaines ciblées

L’attaque d’Erbil a été revendiquée par un groupe peu connu se faisant appeler Awliyaa al-Dam «(Les Gardiens du sang») qui a affirmé dans un communiqué en ligne qu’il continuerait à viser les forces américaines en Irak.

Plusieurs pays occidentaux ont condamné les tirs de roquettes, avertissant que des attaques contre la coalition ne seraient «pas tolérées». L’ONU a alerté que l’Irak pourrait plonger de nouveau dans l’instabilité.

En octobre, les États-Unis avaient menacé de fermer leur ambassade si les attaques ne prenaient pas fin et des factions pro-Iran avaient accepté une trêve. Mais les attaques se sont multipliées ces dernières semaines.

Par ailleurs, un jeune manifestant a été tué lundi lors de rassemblements à Nassiriya (sud), bastion de la contestation antipouvoir, pour protester contre des services publics en déliquescence. Un couvre-feu a été décrété dans les grandes villes de la province de Zi Qar pour empêcher d’autres manifestations.

Fin 2019, la colère de la population contre la corruption et le chômage endémique avait débouché sur un soulèvement populaire inédit, marqué par des violences ayant fait 600 morts et 30'000 blessés.

ATS