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Hommage à «l’aigle solitaire»L’âme de Charles Lindbergh plane sur Les Monts-de-Corsier

Le mythique (et controversé) pilote américain passa plusieurs étés dans son chalet vaudois. Un nouveau giratoire lui est dédié. Une réplique de son Spirit of Saint Louis y trône depuis ce samedi.

Le giratoire de la Chaux, aux Monts-de-Corsier, accueille une réplique en bois représentant le Spirit of St-Louis de Charles Lindbergh.  L’aviateur avait un chalet de vacances  «au lieu-dit Au Ratzgot».
Le giratoire de la Chaux, aux Monts-de-Corsier, accueille une réplique en bois représentant le Spirit of St-Louis de Charles Lindbergh. L’aviateur avait un chalet de vacances «au lieu-dit Au Ratzgot».
@ Odile Meylan

Personne n’ignore que Corsier rayonne dans le monde entier pour avoir accueilli un certain Charles Spencer Chaplin de 1953 à 1977 dans sa somptueuse demeure du Manoir de Ban. Or, un autre Charles de légende avait pris ses habitudes sur le territoire communal de 1962 à 1974: Charles Lindbergh, premier aviateur à avoir traversé l’Atlantique en solitaire et sans escale à bord du Spirit of Saint Louis, en 1927.

La Commune de Corsier   dédie  le giratoire de la Chaux, au premier aviateur à avoir traversé l’Atlantique en solitaire et sans escale à bord du Spirit of Saint Louis, en 1927 «Il passait ses étés à quelque 500 m d’ici, cela nous a paru une évidence», lance le syndic Franz Brun.
La Commune de Corsier dédie le giratoire de la Chaux, au premier aviateur à avoir traversé l’Atlantique en solitaire et sans escale à bord du Spirit of Saint Louis, en 1927 «Il passait ses étés à quelque 500 m d’ici, cela nous a paru une évidence», lance le syndic Franz Brun.
Odile Meylan

La Commune de Corsier se charge aujourd’hui de rappeler la présence passée de son illustre concitoyen en lui dédiant le giratoire de la Chaux, aux Monts-de-Corsier, à quelques hectomètres de Châtel-Saint-Denis (FR), au croisement de la route d’Attalens (FR). «Il passait ses étés à quelque 500 m d’ici, cela nous a paru une évidence», lance Franz Brun, syndic local. Ce samedi 11h, il a levé le voile sur une réplique en bois et métal du Spirit of Saint-Louis de quelque 4 mètres de long qui trônera sur son écrin de verdure au centre du rond-point.

Un «modeste chalet de vacances»

Lindbergh passa ainsi plus d’une dizaine d’étés, parfois trois mois durant, «dans son modeste chalet de vacances», l’Hermitage, qu’il avait fait construire l’année de ses 60 ans aux Monts-de-Corsier, «au lieu-dit Au Ratzgot», «en bordure de la commune fribourgeoise d’Attalens», rappelait 24 heures dans son édition du 28 août 1974, au surlendemain de sa mort.

Les deux célèbres Charles se sont-ils croisés au restaurant du coin? Rien n’est moins sûr. Si la star de cinéma ne rechignait pas à être sous les feux de la rampe, son compatriote volant fuyait les regards. Raison pour laquelle il avait chargé un notaire local – en se présentant sous le nom plus anonyme de son beau-fils – de lui trouver un endroit reculé. Lindbergh entretenait toutefois des rapports forts cordiaux avec ses voisins, dont «M. Burki, buraliste postal, lui-même passionné d’aviation».

L’image publique de Charles Lindbergh comportait toutefois une part plus sombre depuis les années 1930 et certaines sympathies affichées pour Hitler, qu’il qualifia de «grand homme». Il fut même décoré de l’Ordre de l’Aigle allemand par Hermann Göring en 1938. À l’heure où l’on déboulonne des statues de personnages controversés, Franz Brun ne regrette-t-il pas ce choix? «Pas du tout. Il s’agit d’une relecture de l’histoire avec nos idées d’aujourd’hui. On garde avant tout de Lindbergh son exploit incroyable.»